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Mardi 30 juin 2009 2 30 /06 /Juin /2009 09:08

Je dormis mal cette nuit là, ne trouvant le sommeil que dans de rares instants. Les souvenirs de la journée me revenaient en tête et je revoyais cette silhouette brillante s’éloigner de moi, sans pouvoir trouver une quelconque explication. Ne sachant pas si elle sortait du réel ou de mon imaginaire, j’avais décidé de ne pas en parler à Léo, il m’aurait prise pour une folle. De toute façon, que m’aurait-il dit de plus…  Inutile de l’inquiéter sur mon état de santé mentale.


Le réveil sonna à sept heures, Léo allait se lever et partir au travail. Je décidai de rester au lit, ma nuit avait vraiment été trop mauvaise.


- Repose-toi mon cœur. Tu n’as pas arrêté de parler et gigoter, ce n’est pas dans tes habitudes. Me chuchota-t-il à l’oreille.


- Oui j’ai fais un cauchemar. Une grasse matinée me fera du bien.


- A ce soir ! dit-il en m’embrassant sur le front, comme tous les matins et une caresse sur mon ventre, nouveau geste qui me fit frissonner.


- A ce soir, travail bien.


J’entendis notre Renault 11 démarrer et s’éloigner. Léo travaillait à Paris dans une entreprise qui élaborait un programme qui était censé révolutionner le monde de l’informatique, un certain Windows. A 24 ans, il avait déjà un poste avec beaucoup de responsabilités, sa connaissance presque parfaite de l’anglais et sa motivation y était pour quelque chose. L’anglais, il l’avait appris depuis son plus jeune âge. Son père était américain et sa mère française, il avait donc eu la chance d’être élevé avec l’utilisation des deux langues et était parfaitement bilingue.


J’adorais les parents de Léo. Sa mère, Elise, était toujours de bonne humeur et un sourire irrésistible illuminait son visage en permanence. Nous étions très complices et cela rendait parfois les deux hommes fous. Son père, Paco, un indien de la tribu Quileute, avait quitté son pays pour suivre la femme qu’il aimait contre l’avis du patriarche de la famille, il n’avait donc plus aucun contact avec eux depuis de nombreuses années. Léo lui ressemblait beaucoup. Très grand tous les deux, les cheveux aussi noirs que du charbon, seul leur longueur étaient différentes. Léo les portait courts et Paco longs. Les yeux en amande de mon chéri étaient ceux de son père, mais le bleu azur qu’ils renvoyaient était bien celui de sa mère. Le teint aussi était un mélange, très mate de Paco et celui pâle d’Elise. Au niveau du caractère Léo  avait hérité de celui de sa mère, en permanence de bonne humeur et positif.


Quand nous allions passer quelques jours de vacances chez eux, Paco me racontait les vieilles légendes de sa tribu. Dans ces rares moments, j’étais pendue à ses lèvres. Je me passionnais pour ce genre d’histoires où se mêle magie et réalité. Moi, la grande rêveuse, passant du temps dans un monde imaginaire, côtoyant des elfes, des fées, des dieux, des sorciers, des valeureux guerriers, des créatures mythologiques… C’est sans doute aussi pour cette raison que je n’avais rien raconté à Léo sur ce qui c’était passé la veille. Il m’aurait affirmé que je devais rêver dans mon monde. Non j’avais bien fait de gardé le silence.


Chips vient se caller contre mes jambes et je me rendormie. Un sommeil sans rêve cette fois plus reposant et  quand je décidais de rouvrir les yeux, il était onze heures passé. Il était grand temps de me lever.


De mon coté j’étais infirmière dans un petit hôpital, à quelques kilomètres de la maison. Je travaillais à mi-temps, mais le salaire de Léo nous le permettait largement. Cela me laissait du temps pour moi. Aujourd’hui, par exemple, je ne travaillais pas, heureusement, je ne suis pas sûre que j’aurai pu être concentrée sur les patients, avec ma tête qui cherchait une solution à cette silhouette brillante.


A la radio passait la dernière chanson du groupe Téléphone :


Le jour s'est levé,

Sur une étrange idée,

Je crois que j'ai rêvé

Oui c’était tout à fait ça, avais je rêvé de cette silhouette ?

Rien de tel pour « commencer » la journée sur le bon pied, qu’un bon rock !  Après une bonne douche et un petit déjeuner je décidai de mettre le nez dehors pour programmer mes occupations de l’après midi en fonction de la météo. Hélas, le temps était nettement moins agréable que la veille. Il ne pleuvait pas mais le gris souris s’étendait dans le ciel et pas un seul rayon de soleil n’arrivait à percer cet épais tapis nuageux.  Chips ne semblait pas vraiment motivée, elle dormait à point fermé sur le canapé. Je décidais donc d’aller faire une ballade à cheval, s’il se mettait à pleuvoir, je n’aurais qu’à galoper pour éviter de rentrer tremper. A priori ce ne m’étais encore pas interdit, autant en profiter d’ici 3 ou 4 mois je ne pourrai sans doute plus. Je partis donc chercher Hélios aux prés et heureux de me voir, il arriva en trottinant. C’était vraiment un animal magnifique, un vrai petit cheval d’indien. Entièrement noir, avec seulement les quatre jambes blanches et un croissant de lune sur la croupe. Après une séance de pansage, nous partîmes tous les deux pour une promenade dans les bois. Je ne pu empêcher mes pensées de divaguer encore et encore sur la silhouette brillante ou  sur mon futur bébé. Hélios choisit donc seul l’itinéraire qu’il voulait, je n’étais décidément pas avec lui. Comme s’il avait deviné que c’était mon endroit favoris, il quitta le chemin et à travers les arbres m’emmena à ma cabane de pierre. Une fois devant je retrouvais mes esprits. Je descendis et le laissais brouter tranquillement. Pas la peine de le surveiller, il ne se sauverait pas, monsieur était bien trop peau de colle. Je m’assis donc sereine sur le banc. Je ne sais combien de temps je restai comme ça, me mêlant au décor, ne faisant aucun bruit, seule ma respiration troublait le silence. Je devenais presque invisible.


J’entendis des bruits de feuilles écrasées, des pas. Persuadée que c’étais Hélios, je n’ouvris pas les yeux.


- Bonjour !


Je sursautai en entendant cette voix. Je ne m’attendais pas du tout à ça, j’ouvris les yeux, en essayant de reprendre un rythme de respiration normal. Une femme se tenait à quelques mètres de moi. Sa peau était blanche comme du marbre, ses yeux dorés brillaient d’une lueur magnifique, je n’en avais jamais vu de tels. Ses cheveux courts et bruns pointaient dans tous les sens. Légèrement plus grande que moi, elle portait des vêtements au top de la mode, pas franchement l’idéal pour se balader ici, mais elle paraissait à l’aise.


- Bon… Bonjour ! Répondis-je surprise


- Désolée de t’avoir fait peur, ce n’était pas mon intention. Je pensais avoir fait assez de bruits pour ne pas te surprendre dans ta rêverie.


- Ce n’est pas grave la rassurai-je. J’étais dans mes pensées, j’ai cru que c’était mon cheval qui approchait, je me suis laissée surprendre.


Elle se mit à rire, un petit rire espiègle, un rire de lutin.


- Je n’avais jamais vu personne ici, je pensais être la seule à connaître cet endroit ! Je me suis trompée a priori. Lui dis-je.


- En fait, je ne connaissais pas. Je me suis perdue. J’ai voulu jouer à l’exploratrice et me voilà…


Cette fois-ci c’est moi qui me mis à rire. La façon dont elle avait dit cette phrase ne me semblait pas crédible du tout. On aurait dit qu’elle cherchait une excuse pour se trouver ici, vers moi. Mais bizarrement je me sentais en confiance.


- Tu pourrais m’aider à retrouver mon chemin ? S’il te plaît.


- Oui bien sûr.


Un sourire étrange s’étendit sur son visage, je ne saurais dire si elle fut surprise par ma réponse ou si au contraire elle s’y attendait.


- Alors par où allons-nous ?


- J’ai laissé ma voiture près de l’église à la sortie du village. Tu vois où ça se trouve ?


- Oui, je vois bien. Ce n’est pas très loin de chez moi. Il nous faudra environ trente minutes pour y retourner, tu t’es vraiment bien perdue.


- Je pensais avoir un bon sens de l’orientation mais il s’avère que non. Rit-elle, comme si ça n’avais aucune importance.


- Je récupère Hélios et nous-y allons ?


- D’accord !!! C’est partit.


Elle ne semblait même pas soulagée de m’avoir trouvé, comme si elle s’y attendait. C’était vraiment étrange. Et plus étrange encore, je n’avais pas peur.


Je passais devant avec Hélios pour lui montrer le chemin. Après quelques minutes et une chute pour moi, nous arrivâmes au sentier. Ouffff, je n’aurai plus besoin de surveiller le sol. Nous continuâmes le chemin côte-à-côte en discutant.


- Au fait, j’ai oubliée de me présenter. Je m’appelle Alice.


- Enchantée ! Je suis Fanely.


- Très joli prénom. Ce n’est pas courant.


Encore une fois, elle ne semblait pas tellement surprise. Comme si elle le savait déjà. D’habitude les gens me regardent bizarrement et me demande où mes parents étaient allés chercher ça. 


- Merci. C’était le prénom de ma grand-mère. Lui dis-je, comme pour devancer une question.


- En tous cas ravie de faire ta connaissance et merci de m’aider à retrouver le destin.


- Destin ?


- Heu chemin pardon.


- Je préfère. Je n’aurais pas trop pu t’aider je pense pour le destin.


De nouveau elle se mit à rire.


- Je n’ai pas l’habitude de voir du monde dans cette forêt. Que faisais-tu par ici ? Si ce n’est pas indiscret bien sur.


- Ho, il n’y a rien d’indiscret. Je viens d’emménager avec ma famille dans la région. Et parfois, être les uns sur les autres devient vraiment insupportable, j’avais besoin de prendre un peu d’air. On m’a parlé de la beauté de cette forêt, je suis donc venue vérifier par moi-même.


- Je comprends très bien. J’ai ce même besoin par moment. Mais la prochaine fois que tu as besoin de t’aérer, appelle moi et ne vas plus te perdre seule.


- Promis, ce sera avec le plus grand plaisir.


Elle dit cela avec une telle certitude que je ne pu que la croire. Nous continuâmes à marcher en discutant de tout et de rien. Nous nous entendions vraiment bien. Nous arrivâmes près de l’église et là je vis une voiture, mais pas n’importe quelle voiture. Une alpine rouge, l’une des plus belles voiture de notre époque et surtout une des plus rapide.


- Waaaaaaouuuuuu ! C’est ça ta voiture ?


- Heu, oui…. Dit-elle après un silence un peu gêné. J’aime la vitesse !


- J’imagine avec ce genre de voiture de sport.


- Ce n’est pas n’importe quelle voiture, c’est la reine !


Elle se mit alors à me vanter les mérites de son engin, je l’écoutais fascinée par le débit de ses paroles. Elle me faisait vraiment rire.


- Tu veux faire un tour ? me demanda-t-elle.

 

- Oui et on met Hélios sur le siège arrière ?


- Oups. Je l’avais complètement oublié. Pardon.


- Une prochaine fois sans problème, j’adorerai.


- D’accord c’est noté. Je n’oublierai pas tu peux me faire confiance.


Mince, moi qui n’aimais pas la vitesse, je n’allais pas pouvoir y échapper, je le sentais.


- Bon, Fanely, il faut que je rentre. Ma famille va commencer à se faire du souci. Merci pour m’avoir aidé. A très bientôt !!!!


- A bientôt! Ne roule pas trop vite.


- Ne t’inquiète pas pour ça, je serais prudente comme d’habitude.


Alice ! Que cette rencontre m’avais fait du bien. En sa présence je n’avais pas une seule fois pensé à mes soucis de la veille. J’espérais vraiment la revoir. J’avais été surprise par certaine facette de sa personnalité, comme le fait qu’elle semblait savoir des choses sur moi avant que je les lui disent, mais j’étais attirée par sa jovialité et sa bonne humeur.


Qui sait, peut-être deviendrions nous amies

Par Chippenden
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