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Jeudi 20 août 2009 4 20 /08 /Août /2009 23:21
Chapitre 5 : Absence

 


Je rentrais donc seule à la maison cet après-midi là, mélancolique. Mes pensées étaient avec Léo, en voyage, je ne trouvais aucune explication à ce soudain questionnement et cela me torturait l’esprit. Quel était le problème que mon chéri rencontrait ? Pourquoi traverser l’Atlantique pour chercher des réponses ? Etait-ce moi le souci ? Notre bébé ? Léo ne paraissait pas distant, je ne devais donc pas être en cause, mais je ne comprenais absolument rien. C’est donc en pleine réflexion que je retrouvais ma demeure. Chips m’accueillie avec joie, comme d’habitude, au moins une chose qui ne changeait pas. Je me sentais très fatiguée, je m’installais donc sur le canapé devant la télévision, n’ayant aucunement le courage de faire autre chose. La sonnerie du téléphone me tira du sommeil. Retrouvant peu à peu mes esprits, je me dépêchais d’aller répondre, me cognant au passage le pied dans la porte du salon. Trop tôt pour que ce soit déjà Léo, je ne savais pas qui pouvait m’appeler.

 


- Allo ?

- Lily, c’est Alice ! Tu vas bien ? Ta voix est bizarre.

- Je viens de me faire mal, ne t’inquiète pas. Lui répondis-je en riant. Tu me connais, je suis malhabile... Et toi comment vas-tu ? Il y avait un petit moment que je n’avais pas eu de tes nouvelles.

- Je vais bien merci ! Désolée de ne pas avoir appelé plus tôt, mais Jasper ne se sentait pas très bien ces derniers jours.

- Ho, rien de grave j’espère ?

- Non tout est revenu dans l’ordre, mais il m’a fait une belle frayeur. Et de ton côté quoi de neuf ?

Je mis quelques secondes à lui répondre

- Lily ?

- Oui je suis là. Léo est partit… Impossible de me retenir plus longtemps je fondis en larmes, réalisant à nouveau que mon amoureux était à plusieurs milliers de kilomètres.

- Comment ça partit ? Il t’a quitté ? Non je n’y crois pas, où est-il ?


Ma réaction avait peut-être été un peu disproportionnée par rapport à la réalité. Voyant que la panique gagnait mon amie, j’essuyais mes larmes et lui expliquait la situation.


- Il est partit aux Etats-Unis. Arrivais-je à articuler. Avec son père, il voulait se retrouver entre hommes. Léo voulait aussi poser des questions à son grand-père concernant un problème dont je ne peux pas être informée pour le moment. Je ne pourrais pas t’en dire plus, je t’ai tout raconté.

- Ne t’inquiète pas, il a sans doute besoin de se retrouver un peu seul avant le mariage.


Alice essayait de me rassurer, la douceur et le ton de sa voix m’apaisait peu à peu. Je ne comprenais plus ce qu’elle me disait simplement envoutée par le son de ses paroles. Mes larmes se tarirent et mes sanglots s’arrêtèrent, mon esprit se rouvrit et je repris conscience à ce que me disait mon amie.


- Tu n’as pas trop peur toute seule ?

- Non ça va, et puis il y a Chips, elle n’est pas très courageuse et ne me protégerait pas du danger mais sa présence me rassure.

- Je peux passer te voir un moment ? Je n’aime pas te savoir isolée comme ça.

- Bien sur, vient ! Puisque les hommes sont entre eux, je ne vois pas ce qui m’empêcherait de passer du temps avec mon amie.


La journée s’illuminait enfin avec l’annonce de la venue d’Alice. Ma morosité avait fait place à de l’excitation, ma tristesse s’était envolée. Je ressemblais à gens qui rit, gens qui pleure aujourd’hui.


- Tu pense être là dans combien de temps ?

- Je préviens Jasper et les autres et j’arrive !

- A tout de suite !


Connaissant la conduite d’Alice, j’estimais la durée de son trajet à une vingtaine de minutes maximum. Je profitais donc de ce laps de temps pour aller voir Isis et Hélios et de leur donner du foin. L’hiver s’était bien installé, la neige ne tarderait pas à tomber vu la couleur gris clair du ciel. Je n’avais pas particulièrement de saison préféré, mais j’appréciais l’hiver, les feux de cheminée, les batailles et les bonhommes de neige, la raclette… Un peu le contraire de Léo qui appréciait la chaleur de l’été, le soleil brillant, la mer et le melon. Cette pensée me fis sourire, c’est vrai que nous étions assez différents, mais l’amour que nous éprouvions l’un pour l’autre était tellement fort qu’il gommait tous ces contrastes. Perdue dans mes pensées, je n’avais pas vu le temps passé. Je repris donc le chemin vers la maison au pas de course, la pluie s’était mise à tomber par petites gouttes. La voiture d’Alice était déjà dans la cour quand j’arrivais et mon amie m’attendait à l’abri sous le balcon.


- Excuse-moi, je me suis attardée plus qu’il ne le fallait.

- Ne t’inquiète pas, je suis là depuis à peine cinq minutes.

- Tu me rassure, je déteste être en retard… Décidément, à chaque fois que l’on se voit la météo est à la pluie.

- C’est vrai, ce n’est vraiment pas de chance.


Sa phrase manquait de conviction, j’aurais pu croire qu’elle choisissait les journées maussades pour venir me voir. Tout en parlant, nous étions rentrées pour ne pas finir trempées comme lors de notre dernière ballade. C’est une fois qu’elle eu enlevé son manteau que je vis sa tenue.


- Waaaa tu va à un défilé de mode ? Tu es magnifique !

- Merci Lily, mais non j’aime simplement être bien habillée, c’est une vrai passion.


En effet, je l’imaginais très bien. Elle portait aujourd’hui une robe manteau chocolat avec des rayures verticales blanches, ni féminine ni masculine. Le large col avait de gros revers laissant apparaitre les deux épaules et un haut blanc nacré. Sa taille fine était marquée par une ceinture dont la boucle brillait grâce aux stras incrustés. Merveilleuse !


- J’adore les vêtements, les chaussures, les accessoires, j’en suis folle ! Continua-elle

- Ha bon ? Je n’avais pas deviné ! Lui-dis-je moqueuse. D’ailleurs Léo adore ce que tu m’as offert l’autre jour. Je vais être obligée d’aller refaire toute ma garde robe.


A peine avais-je fini ma phrase que le visage d’Alice s’illumina, ses yeux s’agrandirent de joie, leur couleur dorée n’en était que plus belle et un sourire malicieux semblait vouloir rejoindre les deux oreilles.


- Tu n’aurais jamais du dire ça ! Dommage, il est trop tard ce soir, tu travailles demain ?

- Heu, non je suis en repos mais…

- Génial !!!! Réserve ta journée, je t’emmène faire du shopping!

- … Je crois que je n‘ais pas vraiment le choix.

- Trop tard en effet, ta carte bleue va chanter !


Nos rires s’élevèrent en même temps dans le salon. Reprenant peu à peu notre sérieux, Alice aborda un point sensible.


- Léo est donc aux Etats-Unis ?

- Oui au nord-ouest, près de la ville de Forks si mes souvenirs sont exacts. Je ne sais pas pour quelle raison, il voulait absolument voir son grand père. Depuis quelques jours il semblait soucieux, il était même aller voir son père et c’est à son retour qu’il m’a annoncé son départ. Je t’avoue que je ne suis pas rassurée.

- Je veux bien te croire ! C’est très étrange quand même, d’après la description que tu m’en a fait, ça ne lui ressemble pas.

- Jamais je ne l’avais vu comme ça… Je suis contente, Paco fait aussi le voyage, il connaît bien la région, il y a grandit, rien ne devrait leur arriver.

- Il n’y a pas de raison. Essaie de te détendre.

- J’essai je t’assure…

- Je suis certaine que tout ira bien et qu’il sera bientôt de retour !

- Je l’espère Alice !


Nous passâmes le reste de la soirée à bavarder devant la télévision, enchainant les films à l’eau de rose. Mon pot de crème glacée n’y survit pas, Alice n’en avait pas voulu. Comment pouvait-elle résister au parfum chocolat caramel ?

Vers une heure du matin, j’ai reçu un appel de Léo. Il se doutait que je ne dormirais pas tant que je n’aurais pas eu de ses nouvelles. Il avait raison. Arrivés à New-York, leur première étape, ils attendaient leur correspondance pour Seattle. Ainsi rassurée, je raccrochais et les laissaient poursuivre leurs voyage. Alice partit ensuite, comme si elle attendait ce coup de téléphone pour me laisser.


- Bonne nuit Lily ! Je passe te chercher demain vers neuf heure, ça te vas ?

- Pas de soucis, je serais prête !

- Bonne nuit alors ! Bye bye !

- Merci ! Dors bien.


La sonnerie du téléphone me réveilla. Les yeux encore embués par le sommeil, je me mis debout. Le chemin jusqu’au salon me paru interminable, enfin j’y étais.


- Allo Léo ?

- Oui mon cœur c’est bien moi. Désolé je te réveil.

- Ce n’est pas grave. Je suis tellement contente de t’entendre, vous êtes arrivés ?

- Presque. Il nous reste une heure de voiture et nous serons à la Push.

- La Push ? Qu’est-ce que c’est ?

- C’est le nom de la plage de la réserve où vit mon grand père.

- D’accord, c’est très joli comme nom, j’aime beaucoup.

- Je te laisse, le taxi nous attend. Je te rappel le plus vite possible. J’espère trouver des réponses que je cherche au plus vite pour venir te retrouver.

- Je le souhaite aussi ! Tu me manque Léo.

- Tu me manque aussi, je t’aime !

- Je t’aime.


Je raccrochais, soulagée de savoir qu’ils étaient arrivés et retournais me coucher.


Sept heures, si Alice arrivait à neuf heures, je devais commencer à me préparer. Quand elle arriva j’étais prête et sans attendre nous partîmes. Alice avait prévu de passer la journée sur Paris et une fois de plus le soleil ne voulait pas nous honorer de sa présence. Les nuages s’étendaient à perte de vue. Alice était d’une humeur merveilleuse, je ne l’avais jamais vu aussi réjouie. L’idée de faire les magasins toute la journée ne semblait pas l’effrayé, de mon coté j’étais plus réservée. Petit à petit l’euphorie d’Alice se mit à déteindre sur moi. Sous sa direction, nous visitâmes toutes les boutiques de prêt à porter que l’on pouvait trouver sur les champs Elysées. J’avais l’impression d’être une poupée dans les mains expertes de mon amie, essayant tous les vêtements qu’elle me tendait. Je pris vite gout à se petit jeu, ce qui nous valu quelques fous rires devant les vendeuses exaspérées. Après une pause déjeuné où je fus la seule à avaler quelque chose, nous repartîmes dans notre folle expédition. Alice m’avais affirmé avoir trop mangé le matin. Je ne l’avais jamais vu boire ou manger quoi que ce soit, cela éveillait ma curiosité, mais je me gardais bien d’en parler, je n’avais aucune hypothèse plausible. A la fin de la journée, mes mains étaient à peine assez grandes pour tenir tous les sacs qui contenaient mes achats. Je me demandais comment faisait Alice, elle avait trois fois plus d’habits que moi. L’habitude, voilà ce qu’elle possédait en plus.


A ma garde robe, allaient s’ajouter pantalons, robes, bustiers, chemisiers et lingerie en divers étoffes dont je ne me souvenais pas le nom mais qui étaient vraiment confortable et sexy. Grâce à Alice, j’avais pris confiance en moi et commençais à apprécier l’image que me renvoyaient les miroirs. Lorsque Léo rentrerait de son escapade, je lui ferais la surprise, le trou sur notre compte en banque aussi. Cette idée me fis rire, j’imaginais déjà la tête de mon futur mari et la manière dont je l’amadouerais. Je devenais manipulatrice…


Alice me déposa à la maison mais ne s’attarda pas, elle reviendrait le lendemain après midi après la fin de mon service à l’hôpital. Il était déjà tard, cette expédition m’avait épuisée. J’étais en train de ranger mes acquisitions dans la penderie quand Léo appela. Avec son père, ils étaient bien installés à la Push, j’entendais le bruit des vagues par le haut parleur, Léo me décrivit ce qu’il voyait depuis la maison de son grand père située à quelques mètre de la plage. Je fermais les yeux, imaginant le lieu, bercée par la voix de l’homme que j’aimais. J’aurais préféré qu’il me parle du problème pour lequel il était là bas, mais je ne voulais pas gâcher le peu de temps où nous pouvions nous parler par une dispute. Il aborda le sujet rapidement, me promettant de parler à son ancêtre dans la journée et aussi aux autres indiens de la réserve. Rassurée je raccrochais et passais une très bonne nuit.

 

Les cinq jours suivant défilèrent rapidement, entre le travail, les visites d’Alice et de ma future belle mère, mes journées étaient bien occupées. Cela ne me dérangeais aucunement, je ne ruminais ainsi pas les raisons du voyage de Léo à la Push. Aucunes explications ne m’avaient étés données, il préférait m’en parler en face plutôt que par téléphone. C’est donc impatiemment que j’attendais son retour qu’il m’avait annoncé pour la fin d’après midi. Ayant eu la majorité des réponses qu’il cherchait, il s’était décidé à rentrer. Une partie de ce qui lui manquait devrait être trouvé par lui seul d’après son grand père. J’avais hâte de le revoir, il me manquait énormément, mais également pour découvrir ce qu’il me cachait depuis une quinzaine de jour.


Comme je m’y attendais, la neige avait commencé à tomber, un manteau blanc recouvrait la terre gelée, le spectacle était magnifique, féérique. Les sapins dans la cour scintillaient sous le léger soleil de ce début février. Elise arriva après le repas de midi, nous avions convenues de nous rendre à l’aéroport toute les deux pour retrouver Paco et Léo. Son mari lui manquait également, pas autant que Léo me manquait, mais je voyais dans ces yeux un pétillement joyeux au fur et à mesure que l’heure des retrouvailles se rapprochait. Je savais que Léo lui avait parlé de son problème et j’essai d’en savoir un peu plus.


- Elise, vous savez pourquoi Léo à eu besoin d’aller voir son grand père ?

- Je le sais oui. Me répondit-elle un peu gênée. Mais ce n’est pas à moi de t’en parler. J’en suis désolée, je vois bien que ça t’inquiète, mais c’est à Léo de le faire.

- Inquiète est un mot faible pour exprimer ce que je ressens. J’ai si peur qu’il doute, qu’il ne veuille plus s’engager avec moi. Je l’aime tellement, s’il me quittait, je ne sais pas si j’arriverais à trouver la force de continuer ma vie.

- Fanely ! Elle avait presque crié. Tu n’imagine pas que Léo puisse te quitter ? Je peux te rassurer sur ce point ! Il t’aime, tu ne dois pas en douter. Jamais !


Une fois de plus je ne pu retenir mes larmes, l’émotion qui me submergeait était trop forte. Ma grossesse me rendait particulièrement sensible. Elise me prit dans ses bras pour me consoler, comme une amie, comme une sœur, comme une mère. Je m’y laissais bercée ayant grand besoin de réconfort ainsi assaillie de doutes.


- Le problème que rencontre Léo en ce moment ne concerne en aucun cas les sentiments qu’il a pour toi, ni votre relation. Il subit des changements mais rien ne pourra l’empêcher de rester près de toi ! Rassure-toi petite !

- Merci. Arrivais-je à articuler entre deux sanglots.

- Respire, ça va aller.

- Je vais aller prendre l’air avant d’aller à l’aéroport.

- Oui vas-y, il te reste encore une heure.

- A toute à l’heure.


Je sortis de la maison, un vent frais sécha les dernières larmes que mes yeux n’arrivaient pas à calmer. J’avais le temps d’aller à la cabane si je ne traînais pas, je n’y étais pas retournée depuis ma rencontre avec Alice, la revoir calmerais peut-être mes angoisses. La neige tombait par gros flocons, certains atterrissaient sur mes joues et fondaient instantanément. J’arrivais à la cabane de pierre, la neige rendait le lieu encore plus magique que d’accoutumé, je fus cependant surprise de découvrir des traces de pas dans la poudreuse. Décidément, mon secret n’en était pas vraiment un… Quelqu’un était venu peu de temps avant moi, peu-être était il encore là. J’approchais donc curieuse de connaître la personne qui connaissait aussi cet endroit. C’est donc à peine surprise que je le découvrit devant l’entrée de la petite bâtisse. Je du m’approcher assez près pour distinguer un homme, sous la capuche de la longue cape grise qu’il portait et qui lui recouvrait presque entièrement le visage. Il me fit penser à un elfe, perdu ainsi au milieu des bois, en symbiose avec la nature. Je restais cependant sur mes gardes sachant bien que ces créatures mystiques n’existaient que dans mes rêves.


Par politesse j’engageais la conversation :

- Bonjour, beau temps pour une ballade !

- Bonjour Fanely, en effet la météo est optimale. Me dit-il en se retournant pour me faire face.

- Co… Comment connaissez-vous mon nom ? Il ne me semble pas vous connaître.


Je sondais ma mémoire à la recherche d’une quelconque trace de ce visage. Sous cette capuche je ne distinguais rien qui puisse me donner un indice pour m’aider.


Très sur de lui, il poursuivit :

- Non tu ne me connais pas, mais moi si ! Alors qu’il finissait sa phrase, il laissa tomber la capuche qui lui masquait le visage. Ce qui me frappa tout de suite fut son teint blanc tirant sur le vert olivâtre avec ses cheveux, rasés courts, brun corbeau, qui lui donnaient un air mauvais. Les traits de son visage étaient fins et sans défaut, il me rappelait un peu Alice, presque la perfection.

- Je m’appelle Démétri, enchanté de te connaitre.

- … Je restais sans voix.

- Mes supérieurs m’ont envoyé vers toi car ils sont très intéressés par tes compétences.


Sa voix aussi était parfaite et lui correspondait totalement, harmonieuse, chantante. Séduite, comme hypnotisée, mon inconscient me mettait en garde mais je ne l’écoutais pas, captivée par cet homme.


- Mes compétences ? Je ne suis qu’une infirmière banale. J’ai déjà un travail qui me plaît, vos patrons ne devraient pas avoir beaucoup de mal à trouver une personne toute aussi qualifiée… Mais… pourquoi ne m’ont-ils pas contacté directement par téléphone, et comment connaissez-vous cet endroit ?


La panique commençait à me gagner.


- Je savais que tu viendrais ici, je t’ai observé depuis quelques temps… Ce n’est pas d’une infirmière dont ils ont besoin, ce qu’ils recherchent est un talent plus personnel, que tu es la seule à posséder.

Tandis qu’il parlait, il s’approchait lentement de moi. Ma tête me disait de me sauver mais mes jambes refusaient d’obéir. Un détail dont je ne m’étais pas aperçu me frappa, renforça mon malaise, ces yeux ! Les pupilles étaient rouges rubis, rien de naturel. J’essayai de toutes mes forces de me sortir de cette situation.

- Je n’ai aucun talent, si ce n’est ma maladresse.

- Ho, si tu en as un ! Je dirais même un don, tu n’en es pas encore consciente mais il est en toi !


Mes yeux dans les siens, j’étais totalement sous son emprise, son visage touchait presque le mien. Dans un mouvement lent, il pivota la tête, sa bouche se retrouvant au niveau de ma gorge. Dans un dernier effort de volonté, je reculais d’un pas.


- N’essai pas de résister, c’est inutile. Tu es seule ici avec moi loin de tout.

- Mais… Qui êtes vous ?


Il plia les jambes, prêt à bondir sur moi, un ronronnement de plaisir sembla sortir de sa bouche. Je fermais les yeux, anticipant la venue du choc, mais rien ne vint...

Par Chippenden
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Dimanche 23 août 2009 7 23 /08 /Août /2009 22:03
Chapitre 6 : Racontez-moi tout !

 


Je fermais les yeux, anticipant la venue du choc. Mais rien ne vint. Ne comprenant pas, je rouvris les yeux, Démétri se tenait toujours devant moi, mais je n’étais plus le centre de son attention. Son regard se dirigeait derrière moi et ce qu’il voyait devait le surprendre et l’inquiéter car ses traits étaient crispés, raidis, le sourire sadique qui illuminait son visage il y a quelques secondes avait disparu. Profitant de ce moment d’inattention, je fis deux pas sur le coté pour échapper à cet homme dont les intentions étaient plus que douteuses, paniquée, je ne cherchais même pas à regarder ce qui le perturbait. J’espérais avoir été discrète et pouvoir m’enfuir en courant, mais ces reflexes furent  bien plus rapides que les miens. Sans même que je ne vois son bras se déplacer, sa main me rattrapa, je sentis sa peau glacé contre mon poignet, comme si il avait laissé ces doigts dans la neige pendant des heures, la même frigidité que j’avais ressentis avec Alice.  A peine m’eu t’il touché qu’un énorme grognement s’éleva dans mon dos,  je n’eu pas le temps de me retourner pour voir quel animal avait bien pu pousser un tel cri, je fus projetée au sol. Mes mains réussir cette fois à amortir ma chute, mais cela n’empêcha pas mes genoux d’atterrirent sur une pierre, malgré la couverture neigeuse la douleur m’immobilisa plusieurs secondes. Revenant à la réalité, je me retournais pour voir ce qui m’avait projetée au sol, toujours assise, les jambes pliées, je reculais vivement devant la vision qui m’arriva, jusqu’au moment où un arbre entrava ma route, m’obligeant à rester sur place.

Un gigantesque loup noir, aussi grand qu’un poney, se tenait entre Démétri et moi. En position d’attaque, le poil hérissé, les babines relevées sur des crocs aiguisés et un grondement sourd qui sortait de sa gorge, il était terrifiant. En face, Démétri se tenait lui aussi près à l’assaut, tel un chat qui feule, ses lèvres rouge sang soulevées laissait apparaître des canines d’un blanc parfait. Je ne saurais dire lequel de ces deux êtres super naturels m’effrayais les plus. Alors que je réfléchissais à la manière de fuir, le loup tourna la tête vers moi, ses grandes pupilles bleues  dans les miennes. Où avais-je déjà vu ses yeux ? Ils me paraissaient si familiers. Fanely, réveilles-toi ! Depuis quand les elfes séducteurs et manipulateurs ainsi que les loups guerriers existaient-ils ? Debout, la nuit est finie. Je me pinçais, mais rien à faire. Soudain alors que le loup me regardait toujours avec un regard tendre, Démétri profita de ce moment de faiblesse pour attaquer, il bondit.


- ATTENTION ! Ne pus-je me retenir.


Entre l’homme et la bête, malgré la peur que je ressentais, mon choix était fait. Le combat s’engagea rapidement. Le loup ayant entendu mon alerte, se retourna à temps pour esquiver son adversaire, avant de se jeter sur lui à son tour. Les coups partaient de chaque coté, aucun n’avais réellement le dessus. Brusquement, je sentis une présence à coté de moi, je tournais la tête et découvris Alice à quelques mètres. Sans un mot, elle me rejoignit à la vitesse d’un éclair, me souleva comme si j’avais été un sac de plume, elle qui ne devait pas peser plus de quarante cinq kilo. Elle se mit à courir, m’emportant avec elle, trop perturbée, je n’opposais aucune résistance.  La dernière chose que je vis fus le loup se jeter à nouveau sur Démétri essayant de lui attraper la jugulaire. Ensuite la paysage défila à toute vitesse, je ne distinguais plus rien. Je ne pus en supporter plus et m’évanouie.


Mes yeux refusèrent de s’ouvrirent, par contre, j’entendais parfaitement. Cette voix chantante, harmonieuse, c’était celle de mon amie. Tout était donc réel et pas un vrai cauchemar.

- Ne t’inquiète pas Léo, elle est ici avec moi !

-  …

- Encore sous le choc, mais elle va bien. Elle ne devrait pas tarder à se réveiller.

-  …

- Si j’avais voulu la tuer, je l’aurais fait depuis bien longtemps tu ne crois pas ?

- …

- Es-tu certain qu’il est partit ? Je ne la ramène pas si tu n’es pas sur de toi!

-  …

- Ok, j’attends qu’elle se réveille et nous arrivons. Je pense qu’il va falloir tout lui expliquer, autant moi que toi ! Elle a tout vu, et il nous faudra la protéger !

De qui parlaient-ils ? De moi ? Oui sans aucun doute. Alice voudrais me tuer ? Non, impossible, je ne pouvais y croire. Et me protéger de qui, de quoi ? Toutes ces questions me sciaient la tête.


- Alice !

- Lily, tu vas bien ?

- Oui, oui ça va, où sommes-nous ?

-  Chez moi… Ma famille n’est pas là, ils sont… en voyage.

- Explique-moi s’il te plaît Alice ! Je n’ai pas rêvé et je ne suis pas folle. Tu m’as sauvé, toi et le loup noir, vous m’avez sauvé de ce Démétri. Et lui qu’était-il ? Sa perfection, sa froideur, il te ressemble ! Je n’y comprends rien, rien… Je me pris la tête dans les bras sous la pression de toutes ces interrogations. Et ne me ment pas je t’en pris, j’ai besoin de connaître la vérité, j’ai bien vu que tout ne correspond à la réalité.

Alice semblait gênée, devant mon visage noyé de larmes, elle semblait désarmée.

- Les réponses vont venir Lily ! Laisse moi te ramener chez toi d’abord, sinon Léo va me tuer et je ne joue pas avec les mots !

- Léo est rentré ? Depuis combien de temps suis-je endormie ?

- Environ quatre heures.

Je restais sans voix.

- Peux-tu marcher ? me demanda mon amie en s’approchant pour m’aider.


Je me mis debout, après une minute et le soutien d’Alice, je trouvais mon équilibre. Je ne m’attardais pas sur la décoration de la chambre, ni de la maison en rejoignant la voiture, perdue dans mes pensées. Nous restâmes silencieuses pendant tout le trajet, Alice sembla à plusieurs reprises vouloir prendre la parole mais se retient. En arrivant dans la cour, je vis que la voiture d’Elise était toujours là, elle devait attendre mon retour avec Paco et Léo puisque d’après mon amie, ils étaient rentrés.

A peine, eu t’elle garée son alpine, que je vis Léo descendre les escaliers de la maison en courant. J’eus simplement  le temps de sortir de la voiture et de refermer la portière avant qu’il ne m’enlace.


- Tu n’a rien mon cœur ? Ca va ?

- Je vais bien ! Je suis contente que tu sois là ! Lui dis-je en me blottissant contre son épaule.

- Tu m’as manqué, et encore plus que ça ! Mais tu m’as fait tellement peur toute à l’heure.

-  Ha, Alice t’as mis au courant… D’ailleurs j’attends les explications ! Dis-je, en la regardant intensément.


Elle paraissait toujours aussi troublée et semblait réfléchir à la manière dont elle allait répondre à mes questions. Elle lançait des regards à Léo qui lui aussi n’était pas d’un calme exemplaire, stressé, pourtant il n’était pas présent, qu’avait il à se reprocher ?


- Alice n’est pas la seule à devoir te donner des explications, moi aussi il faut que je te parle, c’est important, ce qui a motivé mon voyage vers mon grand père et vers mes origines.


Alors j’étais soufflée ! Il n’avait pas voulu me mettre dans la confidence depuis deux semaines et voilà qu’il voulait faire cette révélation devant ses parents et Alice. D’ailleurs, Elise et Paco arrivaient vers nous à leur tour, l’un après l’autre ils me serrèrent dans leurs bras, ce geste de profonde affection me fis le plus grand bien.


- Nous devrions rentrer où nous allons geler sur place ! Dit Paco.


En effet le vent soufflait de plus en plus fort, me glaçait le visage et les doigts malgré la présence de la main brulante de Léo dans la mienne. Je n’étais pas du tout habituée à ressentir cette chaleur et je me remis à me poser des questions. Etais-ce moi qui étais détraquée, ressentir ainsi une vague de froid avec certain et un vague de chaud avec d’autres… Mais pourquoi seulement avec Léo, Alice et ce Démétri ? Le contact d’Elise ou de Paco était normal, je n’arrivais pas à saisir ce qui les différenciait. Une fois à l’intérieur du foyer, le feu de la cheminée me fit frissonner  de réconfort.


Je voulais des réponses tout de suite, sans attendre, je m’installais donc sur le canapé, bien décidé à ne pas en bouger tant que l’on ne m’aurait pas donné d’explications. Léo et Alice s’assirent dans les fauteuils en face de moi, je regrettais de constater que mon chéri était plus distant que d'habitude depuis que j’avais demandé des éclaircicements sur ce que je venais de vivre. Quel était donc son secret ? Paco et Elise, eux s’installèrent chacun à coté de moi. Un lourd silence s’installa, aucun de nous ne souhaitant prendre la parole en premier. Léo se lança au bout de quelques minutes :

- Avant te de dire quoi que ce soit, j’aimerais que tu nous raconte ce qu’il s’est passé toute à l’heure, dans la forêt.


Je réfléchis quelques instants avant de répondre.

- Je suis allée marcher un peu, prendre l’air avant de venir vous chercher à l’aéroport. En arrivant à ma cabane, il y avait ce Démétri qui m‘attendait, il m’a expliqué que ses patrons voulaient me proposer un travail. Mais moi, j’ai déjà ce qui me plait, je lui ai donc dis ! Ce à quoi il a répondu que ce n’étais pas à mon métier d’infirmière qu’ils s’intéressaient mais à un talent plus personnel. Ensuite tout est allé très vite, il s’est approché de moi, vraiment très prêt, je n’arrivais pas a bouger tellement j’avais peur, et brusquement je me suis retrouvée à terre, et devant moi se tenait un énorme loup noir ! Je n’ai pas eu le temps de me relever, Alice, tu es sortie de nulle part, tu m’as soulevée et nous sommes parties à une vitesse incroyable. J’ai du ensuite m’évanouir car j’ai rouvert les yeux chez toi.

- …

- Je sais que ça vous paraît complètement dingue, mais je vous assure que c’est la vérité ! Je ne suis pas folle !

- Nous savons que tu n’es pas paranoïaque, ne t’inquiète pas ! Enchaina Paco.

 Je le regardais intensément, sous le choc, étonné de sa réaction. Il passa ensuite son bras sur mes épaules pour me soutenir, pour m’encourager à continuer.


- Qui es tu Alice ? Ou plutôt qu’es tu ? Depuis notre rencontre, tu m’intrigues, ma fascine sans m’impressionner… Tu as quelque chose de spécial, un charme particulier que ce Démétri avait aussi.

Alice ouvrit la bouche pour répondre mais Léo fut plus rapide

- C’est une vampire !

- Une vampire ? Tu pense vraiment que je vais croire ça ?!

- Je n’ais jamais été aussi sérieux Fanely ! Me dit-il l’air grave.


Je regardais Alice incrédule, elle baissa les yeux et me fit un signe d’affirmation de la tête pour seule réponse, ne le contredisant pas. Mon cerveau refusait de croire à ce qu’il venait d’entendre. Vampire, ces créatures mystiques qui n’existent que dans les romans et les films d’horreur, impossible. Elise et Paco ne paraissaient pas surpris, étais-je donc là seule à être sous le choc ?


- Alice… ? Arrivais-je à articuler en la regardant droit dans les yeux. Elle comprit ma question sans que j’aie besoin de parler.

- Oui je le suis Lily, depuis quelques décennies maintenant…


La panique montait en moi, inconsciemment, je m’étais recroquevillée sur le canapé, sous le choc. Elle ne mentait pas, j’en avais l’intime conviction. Les vampires existaient donc réellement, petit à petit, les éléments se rangeaient dans mon esprit, cela expliquait pas mal de choses… Séduction, force, vitesse, froid… Mais si Alice était l’un d’eux, son amitié pour moi n’était qu’un jeu, une manière d’endormir ma vigilance pour mieux boire mon sang ensuite.


- Tu voulais donc que je devienne ton repas, pourquoi ne pas m’avoir tué la première fois ?

- Je ne suis pas ce genre de vampire Lily ! Je ne veux en aucun cas te tuer. Je ne me nourris que de sang animal. Je voyais qu’elle essayait d’utiliser des mots pour ne pas me choquer d’avantage, pourtant j’étais terrorisée.

- Je ne comprends pas. Quel est ton but avec moi ? J’imagine que depuis toutes ces années d’existence, moi, je n’ai pas grand chose à t’apprendre.

- Je ne joue pas un rôle ! Ton amitié m’apporte beaucoup.

- …

- Je répondrais à toutes tes questions  Lily, mais nous avons encore beaucoup de chose à te dire. Elle regardait Léo, comme pour lui passer le relais.


Que pouvaient-ils m’annoncer encore. Ce ne pouvait pas être pire, de toute manière un choc de plus ou de moins, maintenant je n’étais plus  à ça prêt. De toute manière je préférais savoir la vérité. De nouveau, personne ne parlait.


- L’homme que j’ai vu dans la forêt, Démétri, est un vampire n’est ce pas ? Leur demandais-je

- Oui, s’en est un. Me répondit Alice.


Même si je m’en doutais, la peur grandit. J’imaginais parfaitement qu’il n’était pas comme Alice et qu’il devait boire du sang humain. Il aurait donc voulu me tuer ? Pourquoi alors me parler de ses supérieurs et de talent personnel.  Sans doute une manière de détourner mon attention. Je me mis à trembler sans pouvoir m’arrêter.  Je sentais le bras de Paco me serrer d’avantage.


- Léo à ton tour, explique-lui. Alice à révélé son secret, à toi, maintenant mon fils.


Je fixais Léo, quel pouvais être ce secret ? J’avalais ma salive, mais ça ne fit pas passer la boule qui me serrait la gorge. Il me regardait, ces magnifiques yeux bleus étaient remplis  d’inquiétude, sans doute redoutait il ma réaction.


- Mon cœur, je pense que tu as remarqué des petits changements chez moi depuis quelques temps.

- Des détails, oui.

- Je ne t’ai jamais rien caché, cependant je ne pouvais rien te dire ne comprenant pas tout moi-même. Je n’ai plus le choix, ta vie est en danger, par la présence des vampires et par la mienne, tu dois donc savoir la vérité…

- Léo, dis moi s’il te plait !

- Le loup noir que tu as vu toute à l’heure… C’était moi.


Un fois de plus je restais sans voix pendant plusieurs secondes, il était si sérieux. Je regardais tour à tour Alice qui ne disait rien, Elise qui me souriait timidement et Paco qui continuait à me serrer contre lui.


- Toi, le loup ? C’est quoi cette blague ? Vous vous moquez de moi depuis toute à l’heure avec vos histoires de vampires et de loups garous !

- Je suis d’accord, ça doit te paraître complètement fou mais c’est la vérité.


Léo s’énervait devant mon refus de croire à ce qu’il me disait, je le sentais même s'il essayait de garder son calme. Ses mains agrippaient les accoudoirs du fauteuil et je voyais se doigts rougir sous la pression.


- Comment peux-tu m’expliquer ta présence dans les bois alors que tu étais encore dans l’avion ?

- Nous avons pris un autre vol, plus tôt. Je ne t’ai rien dis pour te faire la surprise… Quand nous sommes arrivés, maman m’a dit que tu venais de partir te promener Je suis donc partis tranquillement à ta suite, je savais parfaitement où tu irais et ne me suis donc pas pressé. Et puis, d’un seul coup j’ai sentis la présence d’un buveur de sang, je me suis précipité ! Quand je suis arrivé, ce vampire allait t’attaquer, ne pouvant plus me contrôler, je me suis transformé et interposé entre vous.

-Léo calme toi ! Le coupa son père.


En effet, mon chéri avait viré au rouge, en racontant ce qu’il c’était passé. Il était tendu et le fauteuil ne tarderait pas à se casser s’il n’arrêtait pas de tirer sur les accoudoirs. Ce qu’il me racontait était donc vrai, jamais il ne se serrait mis dans un tel état pour un mensonge ou une blague. Cependant Léo continua son explication sans prendre en compte la remarque de Paco.


- Je t’ai vu tomber à terre, et j’ai eu peur ! Peur de t’avoir blessé, de VOUS avoir fait mal.

 

 Il avait insisté sur le vous, et je comprenais de qui il voulait parler. Les larmes me montèrent aux yeux. Ces paroles ne s’adressaient qu’à moi, malgré la présence des autres, nous n’étions que tout les deux.


- J’ai vu que tu allais bien, tu me regardais et je me suis perdue dans ta contemplation. Heureusement tu as crié et ça m’a ramené à la réalité.  Nous nous sommes battus, mon premier combat, mes gestes n’étaient pas sur. J’ai réussi à plusieurs reprise à le griffer, il n’avait de son coté aussi jamais du combattre contre un adversaire comme moi, car il était vraiment surpris. Il a ensuite pris la fuite, je n’ai pu le rattraper, il était trop rapide. Quand j’ai essayé de te retrouver, tu avais disparu, mais j’ai senti une odeur que je connaissais déjà puisque je l’avais déjà senti sur tes vêtements. Je savais que tu étais avec Alice…

- LEO !!!!!! Cria Paco. CALME-TOI.


Trop tard, les habits de Léo avaient craqués et l’énorme loup noir que j’avais vu dans la forêt se trouvait devant moi. C’était bien lui!

Pour la deuxième  fois de la journée, Alice se jeta sur moi, me souleva et m’emmena en un éclair. Et de nouveau je sombrais dans l’inconscience.

 

… Un son, une voix, Alice et Elise discutaient.


- Elle s’évanouie beaucoup, c’est une habitude ?

- Non, je ne l’ai jamais vu tomber. L’émotion sans doute, mais c’est étrange en effet.

- Pauvre Lily ! Ca fait beaucoup de révélation pour une journée.


Le silence. Encore dans les nuages, je restais les yeux fermés. Une main froide se posa sur mon front, sans aucun doute celle d’Alice. Cette vague de froid me fit du bien, m’aidant peu à peu à revenir dans le monde réel.


- Merci Alice de l’avoir sauvé. Léo n’aurait pu se pardonner si il lui avait fait du mal.

- De rien ! J’avoue l’avoir fait aussi pour moi. Je ne veux pas qu’il lui arrive quoi que ce soit. Léo à réussi à canaliser sa colère, il a prit la direction opposé à la notre.


Tout n’avait donc pas été un rêve, tout était vrai. Vampires, loups garous… Plutôy un cauchemar d'ailleurs. Comment pouvaient ils exister dans le total anonymat.


- Ha te voila Léo !

- Elle est réveillée ? Sa voix était triste, pleine de culpabilité.

- Non pas encore, lui répondit Elise. Je vous laisse tous les trois, vous avez sans doute des choses à vous dire.

- Merci maman, à toute à l’heure.


Le silence s’installa de nouveau. Alice était toujours assise à coté de moi, je sentais la fraicheur de sa main encore sur mon front. Le matelas s’enfonça à l’opposé d’Alice. Léo pris ma main, je le reconnu par la chaleur qui me parvient. Je me sentais bien, entre le feu et la glace.


- Alice ?

- Oui Léo ?

- Tu ne mens pas quand tu dis que tu ne veux pas la tuer ?

- Je suis sincère ! Elle est mon amie, je ne pourrais pas lui prendre sa vie. Elle est trop précieuse à mes yeux.

- Je te ferais donc confiance !

- Merci Léo !

- Non, merci à toi ! Tu l’as protégé deux fois aujourd’hui. Comment pourrais-je t'en vouloir? Même si nous sommes ennemis, je ne peux pas. Encore merci Alice.


J’ouvris les yeux et arrêtais de faire la belle au bois dormant.


- Oui, Léo à raison ! Merci Alice !

 

 

Par Chippenden
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Samedi 19 septembre 2009 6 19 /09 /Sep /2009 12:10

Chapitre 7 : Départ

 

Le silence c’était installé dans la chambre, Alice et Léo devaient s’attendre à une pluie de questions, mais je restais sans voix, allongée dans mon lit, mon amie d’un coté, mon amoureux de l’autre. Je ne trouvais pas la force de parler ou même de bouger sous l’effet de toutes ces révélations. Je me sentais si fatiguée, mon début de grossesse devait aussi jouer sur mon envie incontrôlable de dormir.

Me sentant en sécurité, entre mes deux gardes du corps, je m’endormie…

 

Un rayon de soleil, passant par une percée du volet, atterrit sur mes yeux et me réveilla. Doucement je me redressais et me levais, Léo n’avait pas dû venir se coucher, son coté du lit n’était pas défait.  A peine éveillée, les questions tournoyaient déjà dans mon esprit. « En danger », ces mots résonnaient  à l’intérieur de ma tête. Comme toujours je ne me souciais pas tellement de mon sort, mais j’étais inquiète pour mon entourage, pour Léo, Alice, Elise et Paco. Leur sécurité m’importait plus que la mienne.

Une odeur de café me tira de ma réflexion, habituellement cela m’aidait à sortir du lit, mais ce matin la sensation que je ressentais était bien différente. Prises de nausées, je me précipitais jusqu'à la salle de bains… Quelques minutes plus tard, reprenant peu à peu mes esprits, j’entendis tambouriner à la porte.

 

- Fanely ! tu vas bien ? Réponds ! Qu’est ce qui t’arrive ?

-  …

-Fanely !


C’était Léo bien sur, il devait paniquer ne sachant pas ce qu’il m’arrivait.


- Je vais bien, ne t’inquiète pas. Je sors, deux minutes.


Je le découvris en ouvrant la porte, comme paralysé par l’angoisse, ses grands yeux bleus écarquillés me dévisageaient, cherchant une réponse à mon étrange comportement. Qu’il était beau ! Je gardais le silence un instant pour l’observer, mémorisant chaque petits détails, pour m’en rappeler le restant de ma vie.


- Tu as pris froid ? Tu es malade ? T’…

- Je vais bien Léo, calme toi !


Je m’approchais et le pris dans mes bras, glissant ma tête sur son épaule pour lui chuchoter au creux de l’oreille.


- Ce n’est rien, simplement bébé n’apprécie pas l’odeur du café.


Inutile de lui faire une explication plus compliqué, il avait très bien compris. Son regard changea radicalement, passant de l’angoisse à la joie, accompagné d’un sourire radieux. Je lui rendis son sourire, réjouis de constater qu’il n’avait pas oublié le petit être qui grandissait en moi et que sa présence le ravissait toujours autant ! Léo posa sa main sur mon ventre, je sentais la chaleur de sa paume au travers du coton de ma chemise de nuit, un frisson de bien être parcouru mon dos jusqu'à mon abdomen. Un vrai plaisir. Il se mit à genou devant moi et je fus vraiment surprise de le voir s’adresser à mon bidon.


- Tu n’es pas très gentil bébé, ta maman adore le café, tu va la priver de son réveil matin préféré…

- Qu’est ce que tu fais là ? Lui demandais en riant.

- Ba, je lui parle, ça ne se voit pas… Mais je t’aime quand même bébé, pre…

 

Soudain, Elise fit son apparition, surprenant donc Léo dans sa tentative de communication avec notre futur enfant. Il se releva dés qu’il vit sa mère. Celle-ci nous regardait, ne comprenant certainement rien à la scène qui se déroulait sous ces yeux.

- Bonjour mes chéris !

- Bonjour Maman !

- Bonjour Elise…


Nous avions dis cette phrase ensemble, comme deux enfants pris en flagrant délit de bêtises. Devançant une question, je chuchotais à Léo :

- Je pense qu’il est temps d’annoncer la nouvelle à tes parents, ta maman se pose déjà des questions, je l’ai entendu en parler hier avec Alice. J’espère que tu as une idée…

- Qu’est ce que c’est que ces messes basses ! A peine réveillé que vous complotez dans notre dos ! Qui y’a-t-il de si secret que vous ne puissiez partager avec nous ?


Léo se lança donc à ma grande stupéfaction. Il avait sans doute déjà réfléchit à la manière de leur dire.


- Hé bien…

- Oui mon fils…

- Nous nous demandions ce que tu voudrais pour cette nouvelle fête dont ils parlent à la télévision depuis quelques jours…


Je voyais qu’Elise cherchait, mais ne trouvais pas, ne voyant pas de quoi voulait parler Léo. De mon coté je me rappelais cette publicité, je l’avais vu en regardant un film avec Alice quelques jours plus tôt, la fête des grand mères ! Encore une idée commerciale des cafés Grand-Mère, mais j’avoue que cela nous permettait d’annoncer la nouvelle de manière originale.


- De quelle fête veux-tu parler Léo ? Demanda-t-elle.

-  …

- Mais aller dis moi, grand nigaud !

- Et bien c’est la fête des grands-mères, le 1er mars !

- Je te remercie, je sais que j’ai pris quelques chevaux blanc mais quand même, tu n’….


Elle s’arrêta brusquement en pleine phrase, réfléchissant.


- Hooooooooo !


Elle se rua sur moi et m’emprisonna dans ses bras. Léo riait, il avait réussi son coup.


- Ho mon dieu, que je suis heureuse !!!! Je ne m’attendais pas du tout à ça ! Quelle surprise.

- Pour nous aussi, nous pensions plutôt après le mariage.  Mais une excellente surprise tout de même !

- Je comprends mieux ces malaises maintenant… Moi qui avais tout mis sur le compte de l’émotion des grandes révélations d’hier. Il n’y avait pas que ça ! Et cette petite merveille arrivera dans combien de temps ?

Léo tourna la tête vers moi pour que je réponde.

- Dans sept mois maintenant !

- Que je suis contente ! Pacooooo !


Elle partit en courant annoncer la nouvelle à son mari qui devait encore être à table pour déjeuner.


- Hé bien voilà c’est fait ! Me dit Léo toujours aussi souriant.

- Oui, très original ton idée bravo !

Il reprit un air sérieux

- Si nous allions faire une petite ballade. Je pense que tu voudras des réponses par rapport à hier…

- C’est vrai… Laisse-moi juste le temps de prendre une douche et j’arrive.

- Je te prépare Hélios ?

- Ho oui super ! Mais toi ?

- Je marcherais à coté ne t’inquiète pas.

- A tout de suite alors !

 

Je laissais couler l’eau le long de mon visage, comme pour nettoyer une poussière d’été, mais cette fois j’espérais enlever mes craintes, celles concernant Léo et ses transformations en loup mais aussi le vampirisme d’Alice. Tout était bien réel et pas une vaste blague ou un mauvais rêve. La peur, jusqu'à présent inexistante, commençait à me tirailler le ventre. Je réalisais peu à peu ce que cela impliquait, garder le secret, ne rien dévoiler, jamais ! L’existence des ces êtres mystiques devait restée sous silence. Mon naturel curieux repris le dessus sur mes angoisses, je me dépêchais de m’habiller, voulant avoir des réponses le plus vite possible. Une fois emmitouflée dans ma polaire, je sortis. Léo m’attendais en bas des escaliers, dans la coure, Hélios en main. Sans dire un mot, il m’aida à me mettre en selle, je fis bien attention et m’installais doucement. Je pris les rennes et nous partîmes d’un pas tranquille, la neige fondais et laissait apparaitre par endroits des plaques de végétation. Léo pris enfin la parole :


- Tu as des questions particulières ou veux tu entendre toute l’histoire ?

- Tu connais déjà la réponse n’est-ce pas ? lui dis-je en souriant.

- Oui je pense… C’est une longue histoire.

- Nous avons toute la journée c’est parfait !

- Tu te rappelles des légendes que te racontait mon père ? Celles de sa tribu ?

- Oui vaguement, mais j’ai peur de toutes les avoir mélangées.

- Pas grave. Je vais te rafraichir le mémoire en te rapportant celle qui me concerne le plus.


Je le regardais sans rien dire, déjà captivée.


- Cette légende remonte à plusieurs siècles avant nous. On raconte que les membres de la tribu Quileute, au moment de conquérir un nouveau territoire, ont quitté leurs corps d’humains et intégré celui d’un loup pour combattre. Cette forme leurs permis de vaincre les ennemis et ensuite de s’installer sur la plage qu’ils convoitaient, la Push. Plage qu’occupent toujours la famille de mon père. L’histoire raconte également qu’un jour où les hommes étaient partis en chasse, une rescapée ennemie, une sang-froid, décima une partie des femmes et des enfants restés au camp pour se venger. A leur retour les hommes, fous de colère, se transformèrent en loup, la traquèrent, la piégèrent et la tuèrent.  Depuis cette époque les loups Quileutes et les vampires devinrent des ennemis mortels !


Léo fit une pause dans son récit semblant réfléchir à la suite à donner à notre conversation.


- J’avoue ne pas avoir cru en ces légendes, mais j’y ai été obligé, quand je me suis à mon tour transformé…


Je me rappelais ce récit à présent, chaque mot prenait à présent une réalité assez terrifiante.


- De… Depuis quand peu tu te transformer ?

- Il y a peu de temps. La première fois, tu m’as retrouvé dehors en pleine nuit tu te rappelles ?

- Oui… C’était donc toi le loup que j’ai entendu ?

- C’était bien moi. Je me suis sentit mal, jamais je n’avais ressenti ce genre de mal-être. Sans faire de bruit je me suis levée, tu dormais profondément et n’a rien entendu. Mon instinct me poussait en dehors de la maison et dans ma précipitation je n‘ai pas refermé la porte. J’ai eu à peine le temps d’arriver dans la cour que mes vêtements se sont déchirés, je me suis effondré sous la douleur. Cela n’a duré que quelques secondes, mais je me suis ensuite rendu compte que je marchais sur quatre pattes et sans que je puisse me contrôler, je me suis mis à hurler. Ce n’est pas un cri ordinaire qui est sortit de ma bouche mais bien un hurlement de loup, c’est à ce moment là que j’ai commencé à comprendre ce qu’il m’arrivait. J’étais paniqué, je me suis précipitée dans le sous bois proche de la maison et j’ai attendu, camouflé dans les feuillages. Pendant deux heures je n’ai pas bougé, les histoires de mon père me revenaient en tête, et petit à petit je me suis calmé. Tous mes sens étaient en éveil, je t’ai entendu te lever, j’ai voulu te prévenir de ne pas descendre, mais rien d’autre qu’un hurlement n’est sortit. Puis je t’ai vu sortir sur le balcon et crier mon nom, j’avais peur de te faire du mal, de te blesser, voir pire. Je me suis concentré sur ta voix et sur la réalité que tu représente pour moi, et tout doucement je suis redevenu Léo…

-  …

-  …

- J’ai honte de moi Léo… Je t’ai crié dessus alors que tu n’y étais pour rien, je me déteste.

- Tu ne pouvais pas savoir. Je n’ai rien voulu te dire, je ne comprenais rien à ce qu’il m’arrivait. Maintenant tout est clair, il me manque simplement de l’entrainement pour maitriser ce nouveau corps et mes émotions.

- Tu pourrais vraiment me faire du mal ?

- … Si cela arrivait, ce serait totalement involontaire. Quand je me transforme je n’arrive pas encore à contrôler toutes mes réactions. Comme je n’ai pas pu me retenir d’attaquer ce vampire ou comme quand  je suis transformé hier dans le salon à cause de la colère.

- Pourquoi ne t’es tu pas transformé avant, quel a été le déclencheur ? C’est Alice ?

- Mon grand père pense que c’est du à la présence d’un vampire, donc sans doute d’Alice. Même si je ne l’ai pas rencontré, j’ai été sensible à son odeur dans la maison et sur tes vêtements.

- C’est ma faute alors, je suis responsable de tout ça.

- Tu plaisante mon cœur ! Tu n’y ais absolument pour rien. Ce gène mutant dormait au fond de moi, un jour ou l’autre il se serait réveillé.

- Ton père se transforme lui aussi ?

- Non, tous les Quileutes ne se transforment pas… Ou alors il est trop vieux !


Il se mit à rire de bon cœur.


- Et tes cousins ?

- Je suis le seul Fanely, il n’y a plus de vampire près de la Push. Les derniers loups ce sont éteins alors que mon grand père était encore jeune. Celui dont il se rappelle le plus s’appelais Ephraïm Black, il était très respecté  parmi les anciens. Son petit fils, Billy, vit à la Push, il m’a beaucoup apprit pendant mon séjour la bas… Je lui dois énormément !... Il est d’ailleurs papa de deux petites jumelles magnifiques, Rachel et Rebecca.

- J’aimerais connaitre tous ces gens dont tu me parles.

- Tu les verras, je te promets nous y retournerons et cette fois je t’emmènerais avec moi !


Enfin j’avais eu les réponses à une bonne partie des questions que je me posais. Je retrouvais mon Léo, celui qui me disait tout, sans avoir peur. Cependant une dernière chose me chagrinait…


- Tu crois que notre bébé sera comme toi ?

- Tu à peur qu’il devienne un monstre.

- Je n’ai absolument pas dis ça ! Ne déforme pas.

- Oui c’est possible, mais rien de certain. La génétique, tu sais c’est très aléatoire.

- Tu as raison… Je t’aime et ce n’est pas une histoire de loup qui me fera changer d’avis, mais je voudrais être préparée si jamais notre bébé devait être un louveteau.

- Si jamais cela devait se produire, ce ne sera pas avant son adolescence, nous aurons le temps de voir venir et de nous éloigner de tous vampires.


Sans nous en rendre compte nous nous étions arrêtés dans une petite clairière bordée par les bois, chacun regardant l’autre dans les yeux, intensément.  En parlant de vampires, l’image de mon amie me revient en tête.


- Et Alice alors ? Elle ne veut plus me voir ?

- Ho si ne t’inquiète pas ! Ce n’est qu’a contre cœur qu’elle est partie dans la nuit. Elle voulait faire des recherches sur le vampire qui t’a attaqué hier. Toutes les informations seront nécessaires pour que nous puissions assurer ta protection au cas où il reviendrait.
 

La journée avait si bien commencée, voila qu’elle s’assombrissait au souvenir de Démétri.  Je me rappelais ces paroles concernant un talent que je devais posséder, étais-ce une manière de me séduire pour que je n’ai pas peur et me laisse dévorer sans résistance ou parlait-il sérieusement ? Il me faudrait attendre le retour d’Alice pour avoir plus de réponses. Inutile de me torturer l’esprit davantage.


- Je voudrais mieux connaitre ce nouveau Léo, tu crois que tu pourrais te transformer ?

- Comment ça ? Maintenant ?

- Ce n’est pas possible ?

- Si bien sur mais je suis surpris de ta demande… Je pensais que je t’effrayais.

- Oui c’est vrai, et c’est pour cette raison que je voudrais te voir. Les seules fois où je t’ai vu, tu étais en colère et je ne veux pas avoir peur de toi ! Il n’y a personne ici, dans les bois, pour te voir, tu n’es pas énervé, il n’y a donc aucun danger pour moi.


Léo avais l’air grave et semblait peser le pour et le contre de mes arguments. Il devait sans doute être aussi terrifié que moi à l’idée de ce face à face, mais au fond de moi, je savais que c’était la seule manière de lever cette dernière barrière entre nous.


- S’il te plait Léo ! Lui dis-je, suppliante.

- ... D’accord, mais promet moi que si quelque chose se passe mal, si tu me vois m’enfuir, ne cherche pas à me suivre, lance Hélios au grand galop et rentre à la maison. Je  reviendrais ensuite ne t’inquiète pas. PROMET le moi Fanely !

- Mais de quoi a tu peur ?

- De te faire du mal… Mes réactions quand je suis loup sont démesurées, je n’y suis pas encore habitué. Alors ne cherche pas à faire du zèle et sauve-toi, si les choses devaient mal tourner.

- Je te le promets !...

- Je te laisse mes vétements, je ne veux pas tous les abimer. Je vais un peu plus loin et j’arrive.


Il déposa le peu d’habit qu’il portait sur l’encolure d’Hélios et partis en courant dans la forêt. Ne connaissant pas la réaction qu’aurait mon cheval fasse à un aussi gros chien, j’anticipais, descendis et l’attachais à une branche basse. Je m’éloignais pour aller m’assoir sur une pierre quelques mètres plus loin. L’attente me paru interminable, au moins quinze minutes, j’enroulais une mèche de cheveux autour de mes doigts pour me distraire. Enfin il apparu, le gigantesque loup noir. Il approchait doucement, pas à pas vers moi, s’arrêtant par moment en se redressant comme pour jauger ma peur, les oreilles en avant. J’étais fascinée, observant chaque détails, aucune panique ne montait en moi, je me sentais sereine. Le pelage noir brillant faisait ressortir les magnifiques yeux bleus de mon Léo. Une tache blanche, que je n’avais encore pas remarquée, ornait son poitrail, comme si il portait un collier. A mon tour je fis quelques pas dans sa direction lentement, comme si il avait été un animal sauvage.  Arrivée à deux mètres de lui, je m’agenouillais dans la neige. Il pencha sa tête sur le coté, me regardant toujours fixement, avant d’approcher. Je tendis la main sans le toucher, souhaitant que ce soit lui qui décide de venir chercher le contact. Je n’eu pas à patienter longtemps, il vint poser son front contre ma paume, je sentis la même chaleur que quand il était en homme, je restais béate. J’avais l’impression d’être en plein rêve, pourtant il était bien devant moi ! L’émotion de ce moment était extrême, un mélange de bonheur, d’admiration et de confiance. Je sentais les larmes coulées le long de mes joues, Léo releva la tête et je pu lire dans ses yeux de l’inquiétude. Immédiatement je le rassurais.


- Ne t’inquiète pas. Je suis seulement toute ébranlée par cette nouvelle intimité. Je suis heureuse que tu ne m’ais pas écarté de cette histoire. Tu aurais très bien pu me mentir, me laisser croire que j’étais folle pour garder ton secret et celui de tes ancêtres, mais tu ne l’as pas fait ! Tout prend son sens maintenant.


Pendant que je parlais, il était venu s’installer dans mon dos, sa tête posée sur la mienne. Je me laissais allée et m’appuyait contre ses pattes avant. Nous restâmes silencieux de longues minutes, ainsi installés l’un contre l’autre, la chaleur que dégageait son corps me réchauffait agréablement. Je laissais divaguer mes pensées, sans n’en retenir aucune, je me sentais parfaitement en sécurité. J’étais si bien que je m’assoupissais. Sans que je ne m’en rende compte Léo se retransforma, je m’en aperçu quand je sentis ces bras s’enrouler autour de ma taille, puis me tapoter.


- Fanely, tu vas bien ?

- … J’ai rarement été aussi bien mon chéri, pourquoi ?

- Heu, rien… Il faut que parle à Alice…


Je fus vraiment déçu par sa réponse. Nous étions si bien quelques instants plus tôt, tous les deux, et voilà qu’il se mettait à parler de mon amie sans aucune raison particulière. Choquée, je me relevais pour lui faire face.


- J’ai plusieurs questions à lui poser.

- Je ne comprends pas ! Ca te prend comme ça subitement ! Qu’y a-t-il ?

- Je… Je préférerais lui en parler avant de te dire quoi que ce soit.

- TRES BIEN ! Allons s’y, dépêchons-nous, puisque qu’Alice est devenue ta confidente !


J’étais en colère… Triste de constater que je passais encore après Alice dans les confidences de Léo. Je repartis vers Hélios sans dire rien de plus.


- Qu’est ce que tu as ?

- Je rentre puisqu’il faut que tu vois Alice, nous n’avons plus rien à faire ici !

- Tu me fais une crise de jalousie ?

-  Non… et oui !


Tout en parlant, j’avais mis le pied à l’étrier et retrouvé ma place sur la selle, prête à partir et le laisser planter là.  La rage me faisait perdre la raison, surtout quand Léo était au centre de la querelle. Je me détestais dans ces moment là, mais je n’arrivais pas réagir autrement. Je n’avais pourtant pas à douter des sentiments qu’il avait pour moi. Léo commençait à s’énervé lui aussi, il rattrapa Hélios par les rennes avant que je puisse faire quoi que ce soit !


- Tu sais parfaitement que je n’aime que toi Fanely ! ALORS ARRETE !

-  Je t’aime aussi Léo, mais puisque tu veux voir Alice…


Je ne pu finir ma phrase, il me coupa en criant !


-  TA PROMESSE ! SAUVE-TOI !


Je compris trop tard que j’avais été un peu loin dans ma crise de jalousie. Paniquée je lançais Hélios au galop sur le chemin enneigé…

 

 

Par Chippenden
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Mercredi 23 septembre 2009 3 23 /09 /Sep /2009 21:34

Chapitre 8

 

Fidèle à ma promesse, je ne m’arrêtais pas. Je m’en voulais, tout était de ma faute ! Si je n’avais pas fais cette stupide crise de jalousie, rien ne serait arrivé. Mais que c’était il donc passé pour qu’il veuille ainsi parler à Alice ? Démétri était-il de retour ?

 

Le sentier était couvert à cet endroit par un épais tapi de neige, à l’abri des arbres qui le longeaient, elle n’avait pas fondu. Je fis repasser Hélios au pas, pensant m’être suffisamment éloignée. J’étais affolée… Que ce passait-il en ce moment pour Léo, avait-il pu se contrôler… Fallait il que je fasse demi tour pour vérifier s’il allait bien ? Non, idée stupide, il m’avait fait promettre de prendre la fuite, ce n’étais pas sans raison.  Hélios piaffait, le froid et ce départ en trombe l’avaient complètement excité, j’avais beaucoup de mal à le retenir. Alors que je rajustais les rennes pour mieux le canaliser, j’entendis un long hurlement qui me glaça jusqu’au os… C’était Léo, sans aucun doute, il avait muté. Tendant l’oreille, je distinguais rapidement des bruits de course qui se rapprochaient  et avant que ne puisse réagir, je le vis, au détour du sentier, s’élancer vers nous. Grâce au peu de courage qui sommeillait en moi, ou à un instinct de survie, je lançais Hélios au galop dans la direction opposée! Lui aussi avait vu le loup noir qui nous poursuivais, j’avais pus apercevoir, l’espace d’un instant, une lueur de panique dans son œil. Jamais mon cheval n’avait couru aussi vite, j’eus la sensation de voler, tellement les arbres défilaient rapidement. Le vent sifflait dans mes oreilles à cause la vitesse de notre fuite. Je me retournais quelques secondes pour voir si nous avions pu le semer, mais hélas ce que je vis m’affolas davantage. Au lieu de l’avoir distancé, Léo nous talonnait, évitant les mottes de neige projetées par les sabots d’Hélios.

 

- Aller Hélios ! Va… !

 

Je m’époumonais, pour le motiver et le faire accélérer, ce qu’il fit sans hésiter, du mieux qu’il pu. Je pensais à Alice, si seulement elle avait pu être ici pour nous aider, comme la veille avec Démétri ! Malheureusement, j’allais devoir m’en tirer toute seule cette fois ci. Soudain, alors que je ne m’y attendais absolument pas, Hélios pila ! Me retenant à sa longue crinière pour ne pas tomber, je me remis en place tant bien que mal. Léo profita de ces quelques secondes pour nous rattraper, et alors qu’il s’apprêtait à bondir sur moi, Hélios lui décrocha une ruade qui le fit voler cinq mètres en arrière. Comme paralysée, je regardais le loup se relever maladroitement, il n’avait pas l’air d’avoir subit trop de dégâts. Si je ne savais que faire, Hélios lui n’hésita pas ! Se retournant pour faire face à la bête, il lui fonça dessus, le loup fut surpris et recula. Mais mon cheval ne s’arrêta pas là, il se mit à attaquer Léo pour se défendre, pour nous défendre. Les oreilles en arrières, les lèvres retroussées, il essayait de mordre notre adversaire, mais celui-ci évitait toutes les attaques avec souplesse. S’énervant davantage, il me surprit et se cabra, un peu trop penchée en avant pour regarder ce qu’il se passait, son encolure vint me taper dans le nez. M’agrippant aux crins de toutes mes forces je réussis à me maintenir en selle. Hélios, toujours dressé, battait des antérieurs  violemment pour faire fuir Léo. Celui-ci paraissait très impressionné et ne bougeait plus, tétanisé par la peur. En redescendant, Hélios, abattit ces deux jambes de chaque coté de la tête du loup. Reprenant mes esprits, je le fis pivoter, avant qu’il s’énerve encore plus et finisse par vraiment le blesser. Léo ne demanda d’ailleurs pas son reste et s’enfui t entre les arbres…

 

Je restais bloquée sur place, Hélios tremblait encore sous l’effet de la tension qu’il venait de vivre. Je me méprisais. Qui étais-je pour faire subir ça à l’homme que j’aimais et un animal qui n’avait rien demandé. Les monstres ne sont pas toujours grimaçants et couvert de poils, j’en étais un bel exemple… Je ne méritais vraiment pas l’amour ou l’amitié que les gens pouvaient me porter. Ne pouvant me résoudre à rentrer à la maison je pris la direction de ma cabane. Je n’aurais pas le courage d’affronter les regards, que ne manqueraient pas de me renvoyer Elise et Paco, ils auraient bien raison, j’étais un monstre ! Je me maudissais.

 

Enfin, elle était devant moi, ma cabane, mon repère, mon boudoir… Je déharnachais  Hélios, et rentrais dans la masure de pierre. Je m’installais, assise à même le sol, sur le tapis de selle de mon cheval. Je passais le restant de la journée dans cette position, à pleurer. D’abord de colère, que j’avais été stupide d’être jalouse d’Alice, il n’y avait aucune raison en y réfléchissant. Puis de tristesse, à cause de mon attitude, Léo devait me maudire, jamais il ne voudrait me revoir après ça, j’en étais persuadée. Je repensais à tous les moments de bonheurs que nous avions vécus tous les deux, jamais plus il n’y en aurait de nouveau. Comment pourrait-il me pardonner, c’était impossible. En plus de ma vie, j’avais mis la sienne en danger, si Hélios ne s’était pas retenu, il aurait pu le piétiner et le tuer. Où pouvait-il être en ce moment ? En train de faire ces valises et de repartir à la Push. Là bas, il rencontrerait d’autre femmes, peu être une comme lui, une louve, il m’oublierait vite et ce serais mieux pour ainsi. Cette pensée me fit souffrir plus que toutes autres et mes larmes redoublèrent. Epuisée, je fini par m’endormir. Quand je rouvris les yeux, la nuit commençait à tomber, l’ombre s’installait entre les arbres. Hélios n’avait pas bougé depuis le début, il était resté à l’entrée de la cadole, limitant ainsi le froid de rentrer. Un instant plus tard, alors que j’allais me remettre à pleurer en me souvenant  qu’il m’avait été offert par Léo, il tourna la tête et henni. Quelqu’un arrivait, il n’aurait pas eu cette réaction sinon.


- Lily, tu es là ?


C’était la voix d’Alice.  Je l’entendis se rapprocher et je vis ensuite sa tête dans l’encadrement de la porte. Je ne  voulais voir personne, je ne le méritais pas. Repliant les jambes, je m’y blottis, mon front reposant sur les genoux et mes bras entourant mes chevilles. Sentant qu’elle s’installait à coté de moi, je tournais la tête dans sa direction, lui dévoilant mes yeux embués de larmes. Le visage de mon amie était tendu et je la sentais inquiète, ses pupilles habituellement rieuse ne renvoyait pas les petites étoiles que j’aimais tant. Elle paraissait vraiment perdue.

 

- Que ce passe t’il Lily ?... Paco et Elise s’inquiètent ! Depuis ce matin, ils n’ont vu revenir ni toi, ni Léo, ni Hélios…

- Léo n’est pas rentré ? Réussis-je à articler entre deux sanglots, la panique dans la voix.

- Non, personne n’est revenu… Nous vous attendions depuis une bonne heure, quand Paco et moi avons décidés de partir à votre recherche. Elise est restée à la maison au cas où vous rentreriez par un autre chemin.

-  …

- Je n’ai pas eu beaucoup de mal à te localiser, mais Paco doit encore chercher Léo. Raconte-moi Lily, s’il te plaît… Je ne t’ai jamais vu dans un tel état.

-Tout est de ma faute… La journée avait pourtant si bien commencé, j’ai tout gâché. Il ne me pardonnera jamais…

- Ne crois tu pas que c’est à lui d’en décider. J’ignore ce qu’il s’est passé, mais je sais une chose, Léo t’aime plus que tout, et ce n’est pas une dispute qui va l’arrêter.

- Ce n’est pas une simple querelle, Alice. A cause de moi, il a manqué de mourir écraser par les sabots d’Hélios.

 

Je lui racontais alors toute l’histoire, ma demande de voir Léo muté, sa demande de voir Alice, ma jalousie, la dispute, ma fuite, le combat et sa disparition dans le bois.

 

- En effet tu y es allée un peu fort…

- Je n’arrive pas à comprendre ce qui m’a pris.

- D’un autre coté, je pense que si Jasper m’avais dit la même chose, ma réaction aurais été encore pire que la tienne… Je l’aurais boudé pendant un ou deux ans !

 

Je ne pu retenir un petit rire, elle continua.

 

- Ha ces hommes, ils ne comprendront jamais comment nous fonctionnons.

Elle passa son bras autour de mes épaules.

- Vous vivez des moments difficiles, il est normal que votre couple soit mit à l’épreuve. Mais n’abandonne pas ! Léo à besoin de toi. D’après ce que j’ai compris, il est seul, personne à qui demander de l’aide, ce doit être extrêmement déroutant. Les quelques conseils qu’ont pu lui donner son grand père et ses amis ne peuvent suffirent, si eux même ne connaissent pas l’expérience. En plus, il doit lutter contre son instinct de traquer et détruire les vampires pour ne pas s’en prendre à moi. Et pour qui le fait-il ? Pas pour moi c’est certain, même si il m’apprécie, c’est bien pour toi qu’il se retient !

- …

- Il doit culpabiliser autant que toi à cet instant, s’il n’a pu se contrôler et bien failli te faire du mal ! Dans un sens, heureusement que ton cheval était là, tu peux lui dire merci ! Léo à du sortir de sa torpeur en se sentant en danger et ses idées son revenues en place. Il a du s’éloigner pour être certain de ne pas te blesser, mais je suis prête à parier qu’il n’est pas tellement loin… Il à trop peur de te perdre, et ne te laisserais jamais seule, en sachant qu’un autre vampire se ballade dans le coin.

- Démétri est toujours là ?

- Je n’ai pas senti sa présence près de votre maison et dans le bois, il a du s’éloigner. Je pense qu’il n’avait jamais eu affaire à un adversaire tel que Léo et doit changer ses plans. Il va y réfléchir avant de revenir…

- Il veut donc me tuer et rien ne pourra le faire changer d’avis… Je suis enceinte Alice, je ne veux pas mourir, pas maintenant !

 

Elle se redressa subitement et me regarda avec un grand sourire. Son expression ne reflétait pas la surprise mais plutôt la satisfaction, comme si elle le savait depuis longtemps… Cela devenait une habitude avec elle. La situation n’aurait pas été si tendue, j’étais persuadée qu’elle se serait mise à sautiller sur place.

 

- Nous ferons tout pour empêcher qu’il te fasse quoi que ce soit Lily ! Mais raconte moi un peu plus !!!! Depuis combien de temps tu le sais ? C’est pour quand ? Garçon ou fille ?

 

Sa joie me fit du bien, gommant un peu la tristesse dans mon cœur.

 

- Oula, toutes ces questions d’un coup !... J’ai appris la nouvelle le jour où nous nous sommes rencontrées ici même. Et pour le reste je ne sais pas encore, j’ai rendez vous dans une semaine chez le médecin pour ma première échographie, nous en saurons plus à ce moment là.

- Tu me diras, hein ?

- Ne t’inquiète pas, je te raconterais tout !

- Génial ! Je t’adore !!!! Bon maintenant tu vas rentrer au chaud !

- Mais…

- Il n’y a pas de mais !

Alice c’était déjà relevé et m’avait entrainé avec elle.  Avec des gestes aussi rapides qu’assurés, elle avait remis la selle et la bride à hélios.

- Tu remontes à cheval et tu rentres ! Exécution !

- Tu ne m’accompagnes pas ? Lui demandais-je

-  Non, mais je ne serais pas loin, je vais aller voir où est ton loup garou.

-  Merci Alice !

- De rien, aller va !

 

C’est donc moins angoissé que je repris le chemin de la maison, j’appréhendais néanmoins la réaction d’Elise. Elle avait vraiment du paniquer de ne pas nous voir revenir, je devais me dépêcher pour ne pas la faire attendre davantage ! Peu importe ce que je lui dirais…

L’obscurité se faisait de plus en plus importante et j’étais encore bien loin. Je décidais de couper par la forêt et d’abandonner le sentier, il me faudrait ainsi moitié moins de temps pour rentrer. Nous l’avions déjà fait des dizaines de fois avec Hélios, nous connaissions le chemin par cœur, même dans le noir, il arriverait à nous ramener, je lui faisais totalement confiance. Nous slalomions entre  les arbres pour éviter les ronces et autres branches basses, tranquillement. Arrivés le long du ruisseau, nous le longeâmes au petit trop, la berge étant bien stable malgré la neige. J’entendais les clapotis de l’eau et le souffle régulier de ma monture, des sons coutumiers et apaisants, je reprenais petit à petit confiance en moi, les paroles réconfortantes d’Alice en tête. « Léo a besoin de toi ! ». Si par bonheur elle avait raison et qu’il revenait, je me promis de ne plus faire de crise pour quoi que ce soit, d’être toujours présente pour lui !

 

 Nous arrivions au gué, Hélios s’y arrêta pour boire, je profitais ce moment de répit pour admirer le paysage, d’ici, en hauteur le panorama était magnifique. Je voyais notre maison, et les phares d’une voiture sur la route au loin. La nuit était maintenant tombée, le ciel au dessus de nous, d’un bleu marine intense, était parsemé de petites étoiles brillantes.  Une fois qu’il eu terminé, Hélios franchit le ruisseau en quelques foulées et fit un petit saut souple pour remonter sur le talus. Encore quelques enjambées sur le plat, et ensuite il nous faudrait franchir le dernier obstacle pour retrouver le sentier.  Une pente particulièrement raide, d’une centaine de mètres,  mais qui ne nous avait jamais posé de difficultés. D’un pas assuré, Hélios attaqua sa descente. Pour l’aider à trouver son équilibre je me penchais en arrière et détendit légèrement les rennes pour lui laisser libre ses mouvements d’encolure. La couche de neige était assez importante et n’avais pas fondue, les pieds de mon cheval s’enfonçait jusqu'aux canons par moment, l’obligeant à relever très haut ses jambes pour avancer. Je lui parlais d’une voix douce pour qu’il garde son calme, la patience n’était pas son point fort.

 

Brusquement, Hélios dérapa  et se retrouva sur les genoux, je fus déstabilisée mais restais en selle. Il tremblait de tous ces membres, ces postérieurs glissaient à leur tour dans la poudreuse. Je parlais pour le rassurer mais mes effort restaient vains, il n’écoutait que sa panique. Il était comme fou, essayant de remonter la pente mais ne faisant qu’aggraver la situation. En faisant des bons désespérés pour retrouver un point d’appui fixe, il hennissait d’épouvante. Je gardais mon sang froid, je repris les rennes bien en main, essayant de le diriger du mieux que je pouvais vers un emplacement moins raide. Nous réussîmes à faire quelques mètres en glissant moins vite, mais la peur reprenant le dessus, Hélios se cabra, j’avais sans doute été trop dur dans mes demandes. Au moment où ses antérieurs retrouvèrent le sol, il bascula et tomba  sur le flanc m’entrainant dans sa chute. Nous dévalions la pente à grande vitesse, ma jambe coincée entre la selle et le sol me faisait énormément souffrir, je hurlais sans m’en rendre compte. Chaque seconde qui défilait me semblais durer une éternité. Alors que je pensais notre calvaire terminé, en arrivant en bas de la côte enneigé, le pire pour moi se produisit. Hélios, qui glissait au dessus de moi, pris par l’élan, me roula dessus, avant de rester immobile, allongé sur le sol et en partit sur moi, choqué.  Mon corps n’était que douleur, je ne pouvais penser à rien d’autre et ne pouvais pas bouger. Après quelques secondes, Hélios se releva, appuyant l’espace d’un instant encore plus sur ma cage thoracique. Me voyant au sol, il resta près de moi et ne chercha pas à s’enfuir. Je sentais petit à petit mes forces me quitter, je n’étais plus dans mon corps et visualisait la scène de l’accident vue d’en haut, comme si mon âme montait vers le ciel. Je fermais les yeux…

 

Une voix paniquée.

 

- FANELY ! NON ! Reste avec moi, ouvre les yeux je t’en pris !

Je rouvris les yeux, c’était Alice.

- Je suis là, ne t’inquiète pas, tout va bien se passer ! Léo arrive, accroche toi.

Elle n’arrêtait pas de parler, mais je n’entendais pas la suite de sa phrase. Je me concentrais sur son visage, c’était plus facile… J’essayais de lui dire merci, mais aucun son ne sortit de ma gorge.

- N’essais pas de parler ! Garde tes forces…

- …

Je me sentais repartir…

- LILY ! Ne t’endors pas ! Bats-toi !

- …

- Le voilà ! Je te laisse avec lui, je vais chercher des secours ! Je t’INTERDIS de mourir, tu m’as bien entendu Lily ! Je te l’interdis.

Sa tête disparue de mon champ de vision… Remplacé rapidement par le visage le plus magnifique du monde.

Léo.

Par Chippenden
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Lundi 5 octobre 2009 1 05 /10 /Oct /2009 18:51
Chapitre 9

 

Léo…

 

Je ne rêvais pas, c’était bien son visage qui se trouvait au dessus de moi, devant mes yeux. Une vague de soulagement me traversa de part en part, et je me perdis de longues minutes dans l’observation de cette figure, me faisant oublier la douleur que je ressentais dans tout le corps et même l’accident. Je reconnaissais ces yeux bleus si familiers, personne d’autre que lui ne possédait des iris de cette subtile couleur.  Ses sourcils froncés et une ride marqué sur son front lui donnait un air si soucieux. Pourquoi, nous étions tous les deux, il n’y avait vraiment aucune raison de s’inquiéter. Poursuivant mon observation, je constatais que des trainées, plus sombre sur  le reste de sa peau mate,  longeaient le long de son nez jusqu'à sa bouche. Des sillons de larmes… J’aurais voulu lui dire de ne pas pleurer, que tout allait bien, mais aucun mot ne réussit à passer la barrière de mes lèvres.

Léo posa ses mains de chaque coté de ma tête, sur mes joues, puis m’embrassa tendrement avant de positionner son front contre le mien. Il continuait de pleurer, je sentais ses larmes tomber dans mes cheveux, unes à unes. J’essayais de lever ma main droite pour le réconforter, mais à peine l’avais-je soulevé de quelques centimètres, que brusquement la douleur me submergea comme un éclair, me clouant au sol. Un râle sourd sortit de ma gorge. Léo releva la tête, tout en continuant de me regarder.

- Ne bouge pas mon cœur, ne bouge pas ! Les secours ne vont plus tarder maintenant.

Tout doucement il se mit à chanter, je reconnue une mélodie que Paco avait l’habitude de siffloter, avec des mots en ancien Quileute.  Sa voix était teintée de tristesse, mais cela m’apaisa quelques instants.  Je me rappelais soudainement ce qu’il venait de se passer. L’accident, la chute, les hennissements d’Hélios, mes cris…  Ses paroles s’éteignirent  peu à peu et le silence s’installa. J’aurais voulu m’excuser, lui dire combien je regrettais ma jalousie, notre dispute, mais j’en étais incapable. La douleur devenait de plus en plus importante, je respirais avec difficulté, ma poitrine me faisant souffrir le martyre. J’aurais voulu tousser pour dégager mon cou, mais j’avais bien trop mal. Petit à petit, la panique me gagna provoqué par ma difficulté à absorber l’air dont j’avais besoin. Léo ne cessait de me parler pour me rassurer, mais cela ne servait à rien, j’avais beau essayer de me calmer je n’y parvenais pas.

- Lily calme toi, j’ai prévenu les pompiers, ils arrivent, tiens bon.

 

Alice, elle était enfin revenue. Léo… Alice…  Leurs deux visages se tenaient au dessus de moi. A son tour elle plaça ces mains sur mes joues pour m’immobiliser la tête  Malgré la présence de mes anges gardiens je n’arrivais pas à me détendre et cela me paniquais encore davantage.

 

- Jasper je pense qu’elle à besoin de ton aide là !

 

Jasper ? Ce nom me disait quelque chose… Je cherchais dans ma mémoire dans quelle circonstance j’avais pu entendre ce nom, mais sans résultat. Cela me rendait triste, j’étais persuadé que c’étais une personne importante, mais qui ?

 

Soudainement, comme par enchantement, toutes mes émotions négatives s’évaporèrent, faisant place à la quiétude et la sérénité malgré la lancinante douleur. Je me rappelais maintenant qui était Jasper, le petit ami d’Alice bien sur. Elle m’avait si souvent parlé de lui, comme j’avais du l’embêter avec Léo.   Était-il responsable de ce changement d’émotions brutal ? Les vampires étaient ils capables de ce genre de choses ? D’ailleurs où pouvait il être, je ne le voyais pas, et mon amie me tenait le visage de manière à ce que je ne puisse tourner la tête. Je devais sans aucun doute être en plein délire… La souffrance se faisait de plus en plus forte, j’avais tellement mal. Je m’accrochais aux visages et à leur observation pour ne pas sombrer dans l’inconscience.

 

 Alors que j’allais renoncer et fermer les yeux, une lumière orange clignotante, éclaira la nuit. Des sons de moteur me parvenaient, puis des bruits de pas dans la neige mêlés à des voix.

 

- Les voila ma Lily, ils vont s’occuper de toi ! Me dit Alice.

 

J’essayais de lui sourire, mais le temps que j’y parvienne, son visage et celui de Léo étaient déjà sortis de mon champ de vision, remplacés par celui d’un homme, déjà âgé, avec une grosse moustache brune et d’une femme au regard gentil. Je vis à leurs uniformes que c’étaient des pompiers. Je me sentais vraiment épuisée, à mes oreilles, les voix de plusieurs personnes, n’était qu’un vaste brouhaha sans queue ni tête. Constatant que je ne répondais pas à ses questions, le médecin commença son examen. Après m’avoir positionné une minerve, il palpa plusieurs zones de mon corps. Mes réactions pour la plupart très douloureuse au moindre effleurement et ma difficulté à respirer déclenchèrent alors l’urgence. En un instant tout s’agita, des silhouettes se positionnèrent debout au dessus de moi et en quelques secondes, m’installèrent sur un brancard, m’arrachant au passage un cri de douleur, une vraie torture. Ne tenant plus je sombrais dans l’obscurité et le néant.

 

 

Je marchais dans l’obscurité, une fumée blanche recouvrait le sol jusqu'à mes genoux. Je ne voyais ni murs, ni limites, tout était noir, seul un point brillant au loin me procurais un peu de lumière. Dans cet endroit, n’existait aucunes pensées, aucunes douleurs, aucune durée. J’ignorais totalement depuis combien de temps j’errais ici, mais je n’avais pas peur. Par moment, j’avais l’impression que je me rapprochais de cette lumière,  j’entendais des voix, certaines familières, d’autres totalement inconnues, sans que je comprenne ce qu’elles disaient. Et alors que je pensais sortir des ténèbres pour découvrir qui parlait, je m’effondrais pour me réveiller encore et encore dans l’épais brouillard. Je ne ressentais aucunes émotions, pas de colère, pas de frustration, pas de tristesse, je recommençais éternellement à marcher.

 

Pourtant, un jour ou une nuit, je ne pouvais les différencier, la lumière se fit de plus en plus vive et les sons de plus en plus nets. Je ressentais de nouveau les limites de mon corps. Enfin je redevais moi-même, Fanely.

 

BIP…BIP…BIP…

 

Ces bruits coutumiers de l’appareil de monitorage. Le tensiomètre à mon bras gauche, la pince à mon doigt pour le pouls et la saturation. Le souffle constant de l’oxygène et le masque que je sentais sur mon nez.  J’étais, sans aucun doute, à l’hôpital. Les souvenirs de mon accident me revenaient par bribes.  Lentement, j’ouvris les yeux. Je m’attendais à être aveuglée par une lueur éclatante, mais il n’en fut rien. La pièce dans laquelle je me trouvais, était plongée dans l’obscurité, la seule lumière venait de la lune, dont les rayons traversaient le verre de la fenêtre. Tournant la tête pour observer l’opposé de la salle, je découvris une silhouette endormie, assise sur une chaise, le haut du corps reposant sur mon lit, la tête dans les bras, au niveau de ma hanche. Ce ne pouvait être que Léo, qui d’autre resterait ainsi près de moi…. Mes gestes était incertains, je ne les contrôlais pas parfaitement, mais j’essayais de caresser ses cheveux le plus doucement possible. Ma main tremblait, comme si je l’utilisais pour la première fois, la sensation que je ressentais était vraiment  bizarre. Je le regardais avec l’impression de ne pas l’avoir vu depuis longtemps, trop longtemps. J’ignorais totalement depuis combien de temps j’étais ici. Un jour, une semaine, un mois…  Léo était toujours là et c’était l’essentiel, la chose la plus importante dans ma vie, plus qu’aucune autre. Mon bras vibrait de plus en plus, à contre cœur, je descendis ma main et la posa sur son épaule. Ce contact le fit frissonner, ma paume devait être froide comparée à sa température. Il s’agita et se réveilla. Sa tête dirigée vers le mur, se tourna rapidement vers moi. Dans la pénombre, il ne remarqua pas immédiatement que mes yeux étaient ouverts, il replaça d’abord ma main sur mon ventre et alors qu’il allait m’embrasser sur le front, il réalisa enfin.

 

-          Lily ? Tu es réveillée ? Dis-moi que je ne rêve pas !

 

Ma voix était encore bloquée, il me fallu dépenser beaucoup d’énergie pour lui dire un simple « Je t’aime ». Avant que je réalise quoi que ce soit, il s’était jeté sur moi pour me serrer dans ses bras, provoquant sans le vouloir une douleur dans ma poitrine, rien de comparable suite à ma chute, mais assez pour me gêner.  En serrant des dents de toute mes forces, je tentais de ne pas crier, il avait l’air tellement heureux, je ne voulais pas gâcher sa joie. Cependant je ne pu me retenir bien longtemps, un petit grognement sourd m’échappa. Aussitôt, il s’écarta de moi.

 

- Excuse moi mon cœur, excuse moi, j’en oublierais presque que tu es souffrante tellement je suis heureux que tu te sois enfin réveillée. J’appelle une infirmière tout de suite !

 

Il parlait si vite, que je ne comprenais que la moitié de ce qu’il me disait. Sortant précipitamment de la chambre, il courut jusqu'à l’infirmerie, je l’entendais crier « Elle s’est réveillée, elle s’est réveillée, venez vite ! ». J’aurais préféré qu’il reste près de moi, seul, encore pour un petit moment, mais je ne devais pas faire l’égoïste. Deux femmes, vêtues de blouse blanche, entrèrent dans ma chambre. A mon grand soulagement, elles n’allumèrent pas la grande lumière, simplement une petite veilleuse.  Léo n’était pas apparu à leur suite, où était il ?

 

- Lé… Léo ?

- Ne vous inquiétez pas mademoiselle, nous lui avons demandé d’attendre à l’extérieur le temps que l’on s’occupe de vous. J’ai bipper le médecin, il ne devrait pas tarder.

-  …

- Contente de vous voir parmi nous !

 

Quelques minutes plus tard, le médecin entra à son tour, mon dossier en main. Un interne, vu son jeune âge, avec des cheveux coiffés en pétard et une barbe de 3 jours, il me fit penser a un baba cool. Très professionnel cependant, j’étais totalement en confiance. Il commença par m’ausculté, pour voir si mes membres répondaient bien aux stimulations, il me posa ensuite de nombreuses questions, auxquelles je répondis sans hésitation, pour vérifier si mon cerveau n’avait pas été endommagé. Ma voix revenait rapidement et je m’exprimais maintenant avec beaucoup plus de facilité. Il m’expliqua rapidement ce qu’il m’était arrivé, fracture du sternum, de sept cotes et pour terminé le tout, hémothorax. Pour éviter que souffre trop et que je puisse supporter l’intubation et le respirateur, ils avaient décidés de me plonger dans un coma thérapeutique.

 

- Combien de temps ai-je été inconsciente ?

- Douze jours, nous avons stoppé toute sédation depuis deux jours mais il a fallu du temps à votre organisme pour évacuer le traitement et vous permettre de vous « réveiller »...A présent, il faut dormir, le coma n’est pas aussi reposant qu’on peut le penser. Nous reparlerons de tout ça demain.

- Merci !

- Mais de rien. Les infirmières viendront vous voir régulièrement durant les prochaines 24 heures, je ne vous cache pas que les risques de rechute sont possible, mais je pense que vous êtes sur la bonne voie.

- Juste une dernière question, si vous me permettez ?

- Oui ?

- Cela va sans doute vous paraitre bien futile après un coma, mais…

 

Je mis plusieurs secondes avant d’avoir le courage de lui demander, tant la réponse me faisait peur.

 

- Mon b… Ais-je perdu mon bébé dans l’accident ?

- Ho…Non il n’y a rien de futile dans votre question, bien au contraire. J’aurais de moi-même du vous en parler.

 

Il se rapprocha du lit et me serra la main. Mon cœur se mit à battre à un rythme fou sous l’emprise de la crainte.

 

- Tout va bien de ce coté là, rassurez vous ! Me dit-il avec un grand sourire. Votre ami nous en a parlé et nous avons vérifié cela dés que possible par une échographie.

- Ho, Léo a donc pu le voir…

- Non, je ne l’ai pas autorisé à assister à l’examen et il ne l’a pas demandé… Si vous vous sentez bien demain, je pourrais envisager de faire appel à un confrère pour votre première échographie officielle.

 

Un immense sourire étirait son visage, il paraissait presque amusé.

 

- Merci, merci docteur !

- Aller reposez vous maintenant !

 

Après avoir éteint la lumière, il sortit de la pièce. Je l’entendis ensuite discuter avec Léo rapidement, le rassurant sur mon état de santé et lui rappelant qu’il fallait que je reprenne des forces.  Mon chéri me rejoignit ensuite, je n’avais pas sommeil pour le moment, je venais de me réveiller et  n’avais pas l’intention de me rendormir tout de suite. Léo s’installa dans un fauteuil à coté de moi, me tenant la main fermement.

 

- Je n’ai pas l’intention de m’en aller tu sais ! Lui-dis je suis le ton de la moquerie. Ce contact ne me gênait aucunement, mais je voulais le taquiner un peu.

- J’espère bien mon cœur, une seule frayeur à la fois s’il te plait ! Me répondit-il sur le même ton.

- Je suis vraiment désolée de t’avoir imposé ça… Tout est de ma faute, si je n’av

- SHUTT ! Stop, n’en dit pas plus. Si tu commences comme ça, je peux dire également que je suis le responsable.  Mais ça n’a plus aucune importance… Peu importe qui a tord ou qui à raison, l’essentiel est que tu sois vivante et en bonne santé à présent !

- Je m’en veux tant…

- Lily, tout ceci est du passé !… N’en parlons plus s’il te plait.

- …D’accord… Mais depuis quand m’appelle tu ainsi ?

-  Alice te donne ce surnom et j’avoue que je trouve ça vraiment adorable… Je suis un peu jaloux de ne pas y avoir pensé avant elle ! … Elle doit venir te voir demain…Je l’aurais bien appelé maintenant pour lui annoncer ton réveil, mais la connaissant elle débarquerait aussitôt.

 

Il riait presque, je me joignis à lui avec plus de retenue, chaque mouvement un peu trop fort entrainais une douleur dans ma poitrine.

 

- Tu as tout à fait raison. Je ne suis pas certaine que les infirmières accepteraient une visite à cette heure là et Alice serait capable de piquer une colère… Il vaut mieux éviter ça. Et toi ? Tu seras là ?

-  … Je dois aller travailler, mais je reviendrais le plus vite possible, vers dix-neuf heures au plus tard.

- Le docteur m’a dit que je pourrais peut être avoir ma première échographie demain, j’aurais aimé que tu sois avec moi.

 

Léo se redressa, pris mes deux mains dans les siennes et plongea ses yeux dans les miens.

 

- Je ne pourrais pas être à coté de toi, mais j’y penserais tellement fort, que tu sentiras mes ondes venir jusqu'à toi !

- Que tu es bête mon chéri… Riais-je Tant pis, tu n’aura droit qu’a la petite photo.

- Je n’aurais d’autre choix que de m’en contenter…

- Tu as déjà réfléchi à des prénoms ?

- Heu, comment te dire… ces derniers jours, mes pensées étaient bien à autre chose, tu peux l’imaginer.

- Oui je m’en doute, mais avant, tu n’y as jamais songé ?

- Si, un petit peu… Mais tu dois te reposer maintenant, dort !

- Non, dis m’en juste un ou deux… S’il te plait !

 

Nous discutâmes encore quelques minutes, en évoquant les prénoms que nous aimerions pour un garçon, Axel, Geoffrey, Lucas… Et pour une fille, après Justine, Lucie ou Melissa  le seul où nous étions d’accord tous les deux était Isabella.

 

- Tu ne trouve pas que c’est un peu tôt pour choisir, nous ne savons même pas encore son sexe. Me dit-il.

- Oui sans doute… Mais j’aime bien avoir déjà une petite idée de ce que tu aimes.

- Voilà, à présent tu sais, alors DORS !

- Et toi où vas-tu dormir ?

- Je m’installe assis sur le fauteuil et la tête contre toi, ce n’est pas très confortable, mais c’est le seul endroit où je veuille être !

- Je t’aime ! Les larmes me montaient aux yeux devant cet élan d’affection.

- Moi aussi je t’aime mon cœur ! Je suis tellement soulagé de voir que tu va mieux.

 

Cette conversation d’à peine un quart d’heure m’avait épuisée, je ne me fis donc pas priée plus longtemps. Léo me borda, et s’installa près de moi. Le sommeil m’emmena rapidement sans que j’eusse le temps de dire un « bonne nuit ».

 

Quand je rouvris les yeux le lendemain matin, après une courte nuit de sommeil, j’étais seule dans ma chambre. Le fauteuil à coté de moi était vide, Léo devait déjà être au travail. Un petit morceau de papier, déposé sur l’adaptable devant moi, attira mon attention. Ecris en pattes de mouches, les mots noirs ressortaient sur le papier blanc. « Je serais vite de retour, je t’aime ». Cette délicate attention m’alla droit au cœur. Le restant de la matinée se déroula relativement vite, une infirmière vint m’enlever la sonde qui servait à m’alimenter pendant mon inconscience, ce qui ne fut pas une partie de plaisir. Un médecin pédant et de mauvaise humeur, m’examina pour vérifier le travail de l’interne, et m’expliqua froidement que je devais me séparer du masque à oxygène  pour recommencer à me « débrouiller seule » pour respirer. Ce fut ensuite au tour du kiné, qui m’aida petit à petit à m’asseoir au bord du lit, me lever, faire quelques pas et me rallonger. Telle une grand-mère, ces efforts m’avaient vidé de toute énergie. Aidée par les antalgiques que je recevais, je m’endormie.


- 1…

- 2…

- 3…

- Lily, il est six heures, réveilles toi.

 

Avant même d’obéir à cette charmante voix, je me permis un sourire.

 

- Alice, comment pouvais tu savoir avec certitude que j’étais en train de me réveiller ?J’essaie depuis toute à l’heure, un coup de chance cette fois ci.

- Menteuse !

 

Je riais doucement, tellement heureuse de retrouver mon amie. Toujours aussi élégante et bien coiffée, elle se tenait debout, au pied de mon lit ! Tout en parlant, elle s’assit à coté de moi sans que le matelas ne s’enfonce ou que je ne sente quoi que ce soit, encore une chose de vampire auquel je devrais m’habituer.

 

- Les infirmières m’ont dit que tu t’étais réveillée cette nuit. Comment te sens-tu ? Me demanda-t-elle.

- Bien… La douleur est supportable, et je préfère ça au coma.

- Tu nous à fais vraiment peur tu sais ! Les médecins n’étaient pas très optimiste, mais tu t’es battu et te voilà ! 

- Je me souviens que tu m’avais interdit de mourir… C’est ce que j’ai fait… Mon heure n’était pas encore arrivée.

- Heureusement ! Tu es bien trop jeune pour mourir. Il te reste beaucoup de choses à découvrir avant de t’en aller.

 

Elle me regardait avec un air grave, son petit air de lutin avait disparu, remplacé par une mine sérieuse.

 

- Alice… Toi, tu es partie trop tôt.

 

J’avais chuchoté, même si nous étions seule dans la chambre, je ne voulais pas que des oreilles indiscrètes entendent notre conversation.

 

- Ho, tu sais, je n’ai pas tellement de souvenir de ma jeunesse. Je prends donc l’occasion de profiter pleinement de cette seconde vie qui m’a été offerte, même si parfois c’est difficile. Et puis si je n’avais pas été transformée, je n’aurais pas eu le plaisir de te connaitre, ni de faire du shoping… Et de rencontrer Jasper.

 

Un silence s’installa quelques instants.

 

- Alice, le jour de l’accident, je n’ais pas rêvé, Jasper était bien présent aussi.

- … Oui, après avoir prévenu les pompiers, je suis allée le chercher. Je savais qu’avec leur camion, ils mettraient du temps à arriver et j’avais très peur qu’ils arrivent trop tard. Jasper à une capacité particulière et je savais que cela pouvait être utile en les attendant, pour t’apaiser si tu souffrais trop.

 

Alice m’expliqua brièvement en quoi consistait la capacité de son petit ami.

 

- C’est donc grâce à lui que toute mon angoisse c’est dissipée ?

- Oui…

- Je m’en doutais un peu… Mais où était il, je ne l’ai pas vu.

- Il est resté à distance de toi…

 

Elle semblait gênée, et évita mon regard.

 

- En le faisant venir près de toi, j’ai pris un gros risque…

 

Elle regarda autour d’elle si personne ne nous espionnais avant de poursuivre.

 

- Jasper est « végétarien » depuis quelques temps déjà, mais il est celui d’entre nous qui à le plus de difficultés à se contrôler. C’est pour cette raison qu’il ne s’est  pas approché trop près de toi et aussi pour ça que je ne te l’ai pas présenté. Pour ne pas être tenté.

 

J’accusais le coup… Encore un vampire qui aurais voulu me vider de mon sang… Je préférais changer de sujet.

 

-  … Vous ne pouvez pas tous influer sur les émotions ?

- Non, Jasper est le seul à pouvoir faire ça, enfin je pense, je ne connais pas toutes les personnes de cette planète.

- Il est le seul à posséder un don ?

- Certains d’entre nous possèdent des talents particuliers, mais tous les vampires n’en ont pas… Les Volturis, les rois des vampires, pour faire simple, recherche ce genre de don, comme tu dis, pour assurer leur sécurité ou servir leurs intérêts. Ils sont donc entourés par des êtres au pouvoir exceptionnels.

- De quel genre ?

- Je ne les connais pas personnellement, mais j’ai entendu parler de télépathe, de provocation de douleur

insoutenable, de détection des relations entre les gens… Et puis il  y a aussi Démétri…

- Quoi ? Le Démétri de la forêt, celui qui voulait m’attaquer ?

- Oui, lui il peut savoir où est une personne à n’importe quel moment et à n’importe quel endroit. C’est un traqueur.

- Alice, arrête de tourner au tour du pot ! Dis-moi le fond de ta pensée, s’il te plait !

 

La colère m’emportait, je me détestais dans ces moments là, mais je ne pouvais me retenir. La peur me rendait folle et je voulais savoir ce que j’aurais à affronter. Alice paru surprise par mon ton agacé, mais ne m’en tint pas rigueur.

 

- J’en ai discuté avec Léo et tes futurs beaux parents. Nous pensons que Démétri était là l’autre jour pour te transformer et non pour te tuer…

- Hein ? Moi !... Un vampire ? Non, Alice ce n’est pas possible. Pourquoi moi ?

 

La colère avait fait place à la panique.

 

- Léo et moi, avons remarqué chacun notre tour, que…

- Que quoi ?

- Nous devrions attendre qu’il soit là, sinon tu va me prendre pour une folle.

- NON ! Tu en a trop dit maintenant ! Tu ne peux pas m’annoncer ça comme ça et ne pas terminer ton explication.

- D’accord, d’accord, calme toi !... je vais t’expliquer.

 

Elle se tue quelques secondes avant de reprendre.

 

- Tu te souviens quand nous sommes allées nous balader vers l’étang?

- Oui je m’en rappel très bien, il pleuvait… Mais quel rapport avec Démétri,

- J’y viens… Tu t’ai isolé un moment et quand je suis venue te chercher, je sentais ta présence mais ne te trouvais pas…

 

Je me souvenais parfaitement.

 

- Tu es passée devant moi sans me voir.

- Oui, exactement ! Et comment peux-tu m’expliquer ça. C’est la première fois que cela m’arrive. Tu étais à peine à 2 mètre de moi.

- Je… Je ne sais pas.

- Tu étais invisible, voilà pourquoi !

 

Je la regardais et elle n’avait pas l’air de plaisanter… Moi, invisible, l’idée était vraiment saugrenue. Si je pouvais faire ce genre de chose, je devrais quand même le savoir. Non Alice devait se tromper.

 

- Peut être que la pluie brouillait ta visibilité ce jour là.

- Lily, nous n’avons pas ce genre de soucis…

- Non ce n’est pas possible.

- Léo l’a remarqué aussi. Il m’a racontez comment tes jambes avaient mystérieusement disparus alors que vous étiez assis dans la clairière. C’est pour cette raison qu’il voulait me parler.

- Mais comment ? Comment j’arrive à faire ça ? Et sans m’en rendre compte.

- Nous parlions de don tout à l’heure, peut être est-ce le tien…

 

Je ne répondis pas. Tout allait de travers ces temps ci… N’était il pas suffisant que j’apprenne l’existence des vampires et des loups garous, il fallait maintenant que j’accepte le fait que je pouvais peut être me rendre invisible. J’avais rêvé depuis l’enfance de vivre dans un monde plus magique que celui dans lequel j’évoluais, maintenant que j’en avais l’occasion, j’étais paralysée par la peur. Tous mes repères, mes habitudes, ma petite vie tranquille réglée comme du papier à musique, tout s’écroulait. Pourquoi cela m’effrayait’ il ? Je n’étais plus seule engagée dans l’aventure, le petit être qui grandissait au fond de moi m’accompagnais, voilà pourquoi j’avais peur. Pour lui ou pour elle. Si je pouvais supporter l’idée d’un monde différent pour moi, je n’étais pas prête à l’accepter pour la sécurité de mon bébé… Il le faudrait pourtant, je ne pourrais rester là, sans rien faire, en imaginant l’avenir qui se présentait à moi.

 

- Les Volturis c’est bien ça ?

- Oui ?

- Ils veulent me transformer à cause parce qu’il pense que je peux devenir transparente ?

- C’est ce que nous pensons, mais rien de certain.

- Je refuse de devenir un vampire ! JAMAIS !

- Nous ferons tout pour que ça n’arrive pas. Nous sommes là et nous ne t’abandonnerons pas !

- Que puis-je faire pour ne pas que ça arrive,

- Léo à déjà un plan…

 

Cette conversation était terminée. Nous furent interrompus pas le jeune interne de la veille, qui entra dans la chambre comme un ouragan.

 

- Bonsoir ! Maintenant que mon imbécile de collègue est partit et que vous semblez aller bien, je vais faire votre échographie !

Par Chippenden
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